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La justice a relaxé mercredi les six médecins et pharmaciens accusés d'avoir provoqué par "négligence", dans les années 80, la mort d'une centaine de jeunes traités à l'hormone de croissance, faute d'avoir clairement établi que ces spécialistes connaissaient les risques.
Les familles des victimes, qui s'étaient relayées pendant le procès pour dire leur douleur, ont aussitôt crié leur "dégoût" et leur "colère" devant ce jugement du tribunal correctionnel de Paris, jurant de tout faire pour que les relaxés soient rejugés.
Le jugement fait donc valoir que la "synthèse" des témoignages des experts "ne permet pas d'affirmer que les pédiatres, biologistes et pharmaciens qui participaient au cycle d'élaboration et de distribution" de l'hormone, "avaient conscience à partir de 1980 (...) d'exposer les malades traités par ce médicament au risque de contamination par la MCJ".
Quant aux soupçons de "tromperie aggravée", ils ont été écartés, faute de "lien contractuel" établi entre les médecins et leurs patients.
Ces subtilités juridiques sont passées au-dessus de la tête des familles des victimes, atterrées par cette relaxe générale concluant 14 ans d'instruction et quatre mois de procès.
Me Bernard Fau, avocat des parties civiles, a donc annoncé qu'il demanderait à Rachida Dati "qu'elle ordonne au procureur de faire appel".
Le tribunal a quand même reconnu une responsabilité civile -pour laquelle aucune faute avérée n'est nécessaire- à Mme Mugnier et M. Dray qui paieront un peu moins de 500.000 euros à une poignée de familles pas encore indemnisées. Car, au nom de la solidarité nationale, l'Etat a déjà versé plus de 31 millions d'euros de dédommagements.