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Eluana Englaro, la jeune Italienne plongée dans un état végétatif depuis 17 ans, est décédée lundi soir alors que le Sénat examinait en urgence un projet de loi présenté par le gouvernement pour s'opposer à l'arrêt de l'alimentation artificielle autorisée par la justice.
Eluana Englaro, 38 ans, a survécu trois jours seulement à l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation artificielle demandée par sa famille et autorisée en décembre dernier par la justice, mais dénoncée comme un meurtre par la puissante Eglise catholique.
Son décès est intervenu brusquement, vers 20H00 (19H00 GMT), alors que le Sénat venait tout juste de commencer la discussion d'un projet de loi imaginé vendredi par Silvio Berlusconi pour contrecarrer le processus devant la conduire à la mort. Son décès est survenu plus rapidement que prévu, à la suite d'une détresse respiratoire, selon les médecins.
Les sénateurs, après avoir observé une minute de silence, ont cependant décidé de continuer leur examen du texte. Celui-ci interdit la suspension de l'alimentation et de l'hydratation "des personnes n'étant pas en mesure de décider pour elles-mêmes", dans l'attente de l'adoption d'une loi sur "la fin de la vie".
Le cas de la jeune femme, plongé dans un état végétatif irréversible après un accident de la circulation, a profondément ému et divisé l'Italie où l'Eglise catholique exerce une grande influence sur la société et sur les institutions politiques.
Après des années de bataille judiciaire menée par le père d'Eluana, Beppino Englaro, la cour de Cassation, avait autorisé en décembre dernier la fin de l'alimentation de la jeune femme qui, avant son accident, avait exprimé son refus de tout acharnement thérapeutique.
Mais alors que tous les recours étaient épuisés, Silvio Berlusconi a décidé vendredi de faire adopter en urgence par le gouvernement un décret-loi visant à empêcher l'exécution de la décision de justice.
Il a du cependant renoncer à son projet devant le refus du président de la République, Giorgio Napolitano, de signer un tel décret, le jugeant inconstitutionnel.
Une course contre la montre s'est engagée alors pour faire adopter le texte par le Parlement convoqué en urgence. Car la jeune femme, transférée dans un établissement acceptant d'assumer sa mort, n'était plus alimentée ni hydratée depuis vendredi.
Selon un sondage publié dimanche par le Corriere della Sera, l'Italie était divisée à égalité entre les partisans du maintien de l'alimentation (47%) et ceux qui y sont opposés, 6% n'ayant pas exprimé d'opinion.