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Yvan Colonna, condamné en première instance le 13 décembre 2007 à la prison à vie et qui s'est toujours dit innocent, est de nouveau jugé par une cour spécialement composée pour les affaires de terrorisme, neuf magistrats siégeant à la place de l'habituel jury populaire d'assises.
Avant l'ouverture, ses avocats et sa famille ont répété que la culpabilité du berger n'avait pas été démontrée lors du premier procès.
La défense a jugé "indispensable" qu'une reconstitution de l'assassinat du préfet, le 6 février 1998 à Ajaccio, soit ordonnée par la cour.
"Ca montrera l'absence de possibilité de la présence d'Yvan sur les lieux du crime", a ajouté la soeur de l'accusé.
Yvan Colonna avait été désigné en mai 1999 comme l'assassin du préfet par plusieurs membres du commando qui s'étaient ensuite rétractés un an et demi plus tard, faisant valoir des "pressions" policières.
Les cinq avocats ont déjà ferraillé lundi matin pour que les policiers chargés d'une enquête longtemps décriée viennent témoigner au même moment, vraisemblablement vers le 20 février.
"Un certain nombre de pièces (...) ont sciemment disparu du dossier d'instruction dans la mesure où elles disculpaient Yvan Colonna", a affirmé Me Gilles Simeoni.
"C'est la défense qui dirige les débats!", a protesté Me Philippe Lemaire, avocat de la veuve Dominique Erignac et des deux enfants du préfet, Charles-Antoine et Marie-Christophine.
Ces derniers sont arrivés au procès sans faire de déclaration, leur avocat répétant qu'ils attendaient enfin des aveux de l'accusé.
"J'espère qu'il dira la vérité. On nous parle d'un dossier vide mais il a permis qu'il soit condamné une première fois à la réclusion criminelle à perpétuité, c'est un vide qui à mon avis était quand même un peu plein", a dit Me Lemaire.