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La douleur de l'une, la honte et le remords de l'autre: Chahrazad Belayni a raconté mardi en larmes comment son ex-petit ami jugé jusqu'à vendredi devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis l'avait aspergée d'essence le 13 novembre 2005 après plusieurs menaces de mort.
La confrontation tant attendue et redoutée par la victime n'a pas eu lieu: après son audition, Chahrazad n'a pas trouvé la force d'écouter le récit de son agresseur: elle est sortie.
De son côté, Mushtaq Amer Butt, un Pakistanais de 28 ans naturalisé en 2004, n'a jamais pu lever la tête lorsqu'elle a pris la parole, comme à chaque évocation directe des faits de "tentative d'assassinat" qui lui sont reprochés.
Le huis clos sollicité par la victime avait été refusé par la cour. Sur la table des pièces à conviction reposait un bidon vide de 5 litres.
Le 13 novembre 2005, M. Butt, qui n'acceptait pas que Chahrazad Belayni ait mis fin à leur relation et refusé de l'épouser, l'avait brûlée vive alors qu'elle gagnait à pied son travail à Neuilly-sur-Marne. Il s'était constitué prisonnier en novembre 2006 au Pakistan.
Hospitalisée dans un état critique, le corps brûlé à 60%, elle avait été maintenue des semaines dans un coma artificiel. Greffée plusieurs fois, elle souffre d'importantes séquelles physiques et psychologiques. Fin 2006, elle a tenté de mettre fin à ses jours.
Cheveux courts noirs, rasé de près, fines lunettes, Mushtaq Amer Butt est le fils unique et choyé d'une famille de quatre enfants arrivée en France lorsqu'il avait 14 ans. Il a rencontré Chahrazad en juin 2004 dans la boutique de mode où il travaillait. Elle y faisait son stage de bac pro secrétariat, ils tombent amoureux, parlent de mariage.
Mais selon la jeune fille, "son comportement a changé, il est devenu "méchant", "ça n'allait plus". "Il a commencé à me taper dessus et me menacer de mort".
Pour la présidente de l'association Ni putes ni soumises, Sihem Habchi, présente à ses côtés, Chahrazad "est le symbole aujourd'hui des violences faites aux femmes" et attend que ce procès "serve plus que jamais à ça". La jeune femme est devenue vice-présidente d'honneur de l'association.
Verdict attendu vendredi.