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Une amende de 1.000 euros chacun a été requise jeudi devant le tribunal correctionnel de Lille contre un journaliste de Charlie Hebdo et son directeur de publication, Philippe Val, pour diffamation envers l'urologue Brigitte Mauroy, accusée par le journal de "justifier" l'excision.
Dans un article paru le 5 mars 2008, le journaliste dénonçait quelques lignes d'un chapitre du Dictionnaire de la sexualité humaine (2004) signé par Brigitte Mauroy, nièce de l'ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy.
L'article était paru quatre jours avant le premier tour des élections municipales à Lille où Brigitte Mauroy était candidate en 2e position sur la liste de l'UMP.
L'urologue, absente à l'audience jeudi, écrivait dans le Dictionnaire, à propos du capuchon du clitoris, que "ce repli peu développé chez les occidentales est beaucoup plus long chez certaines asiatiques ou africaines, ce qui fait procéder à une circoncision".
Antonio Fischetti avait accusé Mme Mauroy de "se rendre complice de mutilations sexuelles" en légitimant, "par maladresse ou en toute lucidité", l'ablation des clitoris prétendument hypertrophiés.
Si le ministère public a reconnu "l'ambiguïté" des propos de Mme Mauroy, il a estimé que le journaliste n'avait apporté "aucun élément étayant la grave accusation" visant l'urologue, par ailleurs engagée dans un programme de lutte contre les mutilations sexuelles en France.
"Sa plume a fourché", a lancé le procureur à propos du journaliste.
Me Vincent Potié, avocat de Mme Mauroy, a dénoncé une "instrumentalisation du drame de millions de femmes à des fins de très basse et vilaine politique", rappelant que l'article était paru juste avant les municipales.
L'avocat de la défense, Me Richard Malka, a invoqué "le droit à la polémique, à la satire et à la critique" et plaidé la relaxe.
Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 26 février.