
L'arrivée annoncée avant l'été sur le marché européen d'une pilule amaigrissante vendue sans ordonnance, suscite déjà de vifs débats: certains y voient un "outil pédagogique", d'autres pointent le risque d'une augmentation des désordres alimentaires.
Pour ses partisans, elle peut être une "main tendue" aux patients obèses ou en surpoids, pour les encourager à consulter ou un "outil pédagogique" pour apprendre à repérer les graisses cachées dans l'alimentation.
En revanche, d'autres redoutent que cette automédication contre le surpoids, la première autorisée à la vente libre, n'amplifie les troubles alimentaires (boulimie...) et n'attire un public désireux d'affiner sa silhouette avant la plage.
Lancé en juin 2007 aux Etats-Unis, Alli (allié) est le numéro quatre des ventes de l'automédication outre-Atlantique derrière un médicament contre l'ulcère (oméprazol/Pritosec) du paracétamol (Tylénol) et un anti-inflammatoire (ibubrofène/Advil), indique à l'AFP Martine Frey, directrice médicale au groupe pharmaceutique GSK France. "Sur une année, quatre millions de personnes l'ont essayé", dit-elle.
Alli (2 euros par jour, pendant 6 mois maximum) n'est pas un nouveau médicament, mais une version à demie dose de Xenical (orlistat) délivré sur ordonnance. Il agit dans l'intestin en éliminant environ un quart des graisses ingérées. Sa prise doit s'accompagner d'un régime réduit en calories et pauvre en graisses, et d'exercice physique pour aider à perdre du poids.
L'abus a pour sanction des pertes huileuses voire des diarrhées. Alli s'adresse aux adultes avec un indice de masse corporelle (IMC) de 28 ou plus (surpoids ou obèse). Parmi ses contre-indications, la prise de certains médicaments (ciclosporine, anticoagulants...). Les troubles digestifs peuvent nuire à l'efficacité de la pilule contraceptive, pointe l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).
La décision européenne pour sa mise en vente libre a été prise à une courte majorité. "La France a voté contre. Car cela ne correspond pas aux recommandations des autorités sanitaires françaises d'une prise en charge médicale globale de l'obésité", relève Fabienne Bartoli, adjointe au directeur général de l'Afssaps.