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Le droit a-t-il sa place dans les casernes? Depuis la guerre d'Algérie et ses dérives, la question pouvait sembler obsolète. Dans un rapport sur la période 2005-2008, l'Adefdromil (Association de défense des droits des militaires) dresse un tableau accablant: brimades, discriminations des femmes, des minorités Soldats du rangs ou officiers, nul n'y échappe, pas même les engagés de la Légion étrangère, véritable état dans l'Etat.
Un constat: la "régression permanente de l'état de droit dans l'armée française"
En exergue, les auteurs du "Rapport sur les droits de l'homme dans l'armée française" préviennent: pas question "de dénigrer la communauté militaire, dont ses rédacteurs font partie". L'objectif est tout autre:
"Il vise simplement à faire prendre conscience aux responsables politiques, militaires, syndicaux, judiciaires que des progrès importants restent à accomplir pour que les droits de lhomme au sein de larmée française soient mieux respectés, pour qu'ils fondent réellement l'éthique du militaire et des cadres aussi bien à l'entraînement qu'en opérations."
Avec un constat net et sans ambiguités, celui d'une "régression permanente de létat de droit dans larmée française". Un phénomène qui, pour les anciens officiers d'active animant cette association, tient à la professionnalisation des armées entamées il y a dix ans par Jacques Chirac.
"Cette situation est le résultat dune politique délibérée et constante de la hiérarchie à tous les niveaux mise en uvre depuis plus dune décennie. Les politiques ont été incapables de stopper ou même de freiner, voire de contrôler ce mouvement néoconservateur, voire réactionnaire."
Pour Jacques Bessy, vice-président de l'Adefdromil, il faut établir "des contre-pouvoirs" au sein de l'institution.