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La mère de famille, qui a déclaré avoir poignardé sa fille de dix ans samedi à Uckange (Moselle), a expliqué mercredi son coup de folie par la "colère" et la "douleur" à un juge d'instruction de Thionville qui l'a mise en examen pour "violences aggravées".
La femme, Samia G., une serveuse de 36 ans, a également été inculpée de "manquement à ses obligations éducatives", conformément aux réquisitions du parquet.
Mais sa garde à vue n'a pas été prolongée. Elle a été placée sous un contrôle judiciaire "strict" et remise en liberté, a ajouté l'avocat.
Si elle est reconnue coupable des deux chefs d'accusation retenus contre elle, la mère est passible d'une peine de dix ans de prison.
Le juge d'instruction lui a en outre interdit de voir ses enfants, qui ont fait l'objet de mesures d'assistance éducative, et de parler à la presse. Elle devra enfin quitter Uckange, où elle est domiciliée.
Lundi, le garçon avait déclaré aux enquêteurs qu'il avait poignardé sa soeur parce qu'elle avait refusé de lui prêter sa console de jeux, ajoutant qu'il croyait que le couteau dont il s'était servi "était un jouet" de dînette.
Dans ses premières déclarations, la mère, employée dans un restaurant au Luxembourg, avait affirmé aux gendarmes qu'à son retour du travail, samedi vers 02H30, elle s'était préparé une collation avec le couteau ayant servi au drame et qu'elle l'avait laissé traîner sur une table.
Cette première version a été mise en doute mardi par un chirurgien de l'hôpital pour enfants de Nancy-Brabois, où la fillette était toujours hospitalisée mercredi. "Il nous a dit qu'un enfant de 5 ans n'avait pas pu porter un coup (de couteau) d'une telle force et a indiqué que celui-ci avait été porté avec une trajectoire descendante", a souligné le procureur. "Or, le garçon est plus petit que sa soeur", a-t-il observé.