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Yvan Colonna et ses avocats ont claqué la porte mercredi du procès en appel sur l'assassinat du préfet Erignac après le rejet d'une demande de reconstitution, et l'audience devrait, théoriquement, se poursuivre jeudi sans défense et sans accusé.
La menace d'un départ collectif brandie par la défense dans la matinée a été mise à exécution aussitôt rendue la décision de la cour d'assises spéciale de Paris de ne pas faire de reconstitution de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio, qui a valu à Yvan Colonna la perpétuité en première instance fin 2007.
Les magistrats ont justifié leur décision de ne pas se rendre sur les lieux par l'absence "d'élément nouveau" et l'existence d'une reconstitution organisée en mars 1998.
A peine le président Didier Wacogne venait-il de lire son arrêt qu'Yvan Colonna a pris solennellement la parole pour dire qu'il "n'acceptait pas cette décision".
Cette reconstitution était "importantissime" car elle viendrait "invalider sur le terrain" la thèse de l'accusation (qui fait d'Yvan Colonna l'un des assassins du préfet), a dit l'accusé.
Il a dans la foulée demandé à ses cinq avocats de partir, sous les applaudissements de ses proches dans le public.
La salle a été immédiatement évacuée par le président qui a commis d'office les avocats de la défense. Tous ont refusé, au risque d'encourir des sanctions disciplinaires.
En fin d'après-midi, la cour a décidé de continuer un procès entamé depuis un mois et déjà perturbé par de nombreux incidents. Un huissier a constaté le refus de comparaître d'Yvan Colonna et les bancs de la défense étaient vides. L'audience a été suspendue et devrait reprendre jeudi à 13H00.
Selon le parquet général, les "moyens juridiques" existent de permettre aux débats de continuer, "le cas échéant sans avocat", a affirmé un de ses porte-parole.
Le Code de procédure pénale donne en effet au président de la cour d'assises le droit d'ordonner la comparution, au besoin par la force, d'un accusé. Si celui-ci refuse et perturbe les débats, il est "gardé" à l'extérieur de l'audience "à la disposition de la cour".
La Cour de cassation a admis en outre qu'un procès d'assises pouvait se poursuivre sans avocat si cette absence "ne (résultait) pas du fait de la cour, du président ou du ministère public".