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Le procès en appel du drame de la passerelle du Queen Mary 2 (16 morts) s'est achevé jeudi à Rennes, après deux semaines de débats qui laissent espérer aux proches des victimes un arrêt "plus proche de la vérité" que celui rendu en première instance.
La décision de la cour d'appel a été mise en délibéré au 2 juillet.
"Les débats ont donné à la cour plus de moyens pour juger au plus près de la vérité que cela n'avait été le cas" en correctionnelle en octobre 2007 à Saint-Nazaire, a estimé Yves Violette, président de l'association des victimes.
L'avocat général n'a exempté de toute responsabilité qu'un seul des huit salariés des Chantiers de l'Atlantique, constructeurs du bateau, ou d'Endel, sous-traitant concepteur de la passerelle, mis en cause dans le drame survenu en 2003.
En revanche, il a requis contre les autres des peines allant de 12 à 30 mois de prison avec sursis, estimant qu'ils avaient "gravement failli à leurs responsabilités".
Il a également réclamé contre les Chantiers et Endel (filiale de Suez) le maximum de l'amende prévue par la loi, augmentée d'une contravention multipliée par le nombre d'infractions relevées (soit 307.500 euros) pour "blessures et homicides involontaires".
Pendant ce second procès, débuté le 23 mars, les experts judiciaires ont à nouveau démontré que la passerelle n'avait pas été "conçue selon les règles de l'art".
C'est aussi la ligne de défense des Chantiers. Le PDG au moment de l'accident, Patrick Boissier, a justifié l'absence de contrôle de la passerelle fournie par Endel par la confiance en ses sous-traitants.
Le constructeur de la passerelle s'est arquebouté, quant à lui, sur sa ligne de défense de toujours: l'ouvrage s'est effondré parce qu'il était utilisé "en surcharge" par les Chantiers.
"Il en ressort que tout est confus", même si "la justice a bien travaillé et le président de la cour posé les bonnes questions", a estimé Marlène Cassard, partie civile, qui a perdu son mari, son frère et plusieurs amis dans le drame.
"On a l?impression d?assister à des entreprises fantômes, depuis le début personne n?a rien fait, on ne sait pas qui a fait quoi et au bout du compte, nous, on a toujours une vie qui est amputée, complètement amputée", a renchéri Jean-François Hélin, qui a perdu son épouse dans l?accident.
Yves Violette espère néanmoins "qu'il n'y aura pas de relaxe totale" des personnes physiques, comme en première instance.
Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire avait condamné les Chantiers de l'Atlantique et Endel à une amende de 177.500 euros chacune, et à verser 9,5 millions d'euros de dommages et intérêts à plus de 100 parties civiles.
L'effondrement de la passerelle, qui reliait au quai le paquebot géant en cale sèche aux Chantiers, avait entraîné la chute de 45 personnes (visiteurs et personnels) d'une hauteur de 18 mètres, faisant 16 morts et 29 blessés en novembre 2003.