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Cette femme, âgée de 36 ans, et de nationalité marocaine, devra également payer 6.000 euros de dommages et intérêts à la Ville de Paris, partie civile dans le dossier. L'enfant, prénommé Ryan, est aujourd'hui placé dans une famille d'accueil.
Le ministère public avait requis deux ans d'emprisonnement avec sursis, assortis de trois ans de mise à l'épreuve, avec obligation de soins, "la plus évidente et la plus importante", ainsi qu'une obligation de travail et de résidence. Le tribunal n'a pas suivi le parquet sur ces deux derniers points.
"C'est vrai que j'ai abandonné mon fils ce 26 juin parce que j'ai pêté un plomb", a dit la prévenue pour seule explication au tribunal assurant qu'à l'époque, elle avait des problèmes de logement et n'avait aucun moyen.
Le petit Ryan avait été retrouvé tout seul au restaurant Quick de la place de Clichy (XVIIe arrondissement). La vidéosurveillance du fast-food montrait que la mère y avait volontairement laissé son garçonnet. Identifiée par sa famille après un appel à témoins, elle avait été localisée au Maroc avant de rentrer en France dix jours plus tard où elle s'était présentée à la police. Elle avait été mise en examen pour "délaissement d'un mineur de quinze ans" et laissée en liberté sous contrôle judiciaire.
Lors de son réquisitoire, le procureur, Sylvain Barbier Sainte-Marie, a regretté que la mère ne semble pas comprendre pourquoi elle faisait l'objet de poursuites. Tout au long de l'instruction, elle a rejeté la responsabilité de son acte sur la société qui ne lui offrait aucune chance, puis a accusé son ancien compagnon de tous ses malheurs. L'expertise psychiatrique l'a décrite comme immature, impulsive et caractérielle. Le procureur a qualifié cet abandon de "décision de violence inouïe doublée d'une transgression sociale".
L'avocat de la mère, Me Alban Raïs, a demandé au tribunal de ne pas être plus sévère qu'il ne le devait avec cette femme qui n'a jamais pu faire face à son geste. Elle était partie au Maroc quelques jours plus tard pour retrouver son nouveau compagnon, père de son troisième enfant, né en 2006. Le premier est né en 1999. L'avocat a précisé que la mère ne ferait pas appel de la décision du tribunal.