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L'Asie pourrait assister dans les prochaines années à une recrudescence des conflits pour les ressources en eau potable qui risquent de se raréfier sous l'effet du réchauffement climatique et de la croissance démographique.
L'eau représente déjà un enjeu important en Asie, où l'on estime qu'une personne sur cinq - soit 700 millions de personnes - n'a pas accès à l'eau potable et que la moitié de la population du continent n'a pas accès à des conditions d'hygiène élémentaires, selon ce rapport de Asia Society, un groupe d'experts basé à New York.
La croissance démographique, l'urbanisation galopante et le réchauffement climatique devraient aggraver cette situation, met en garde le rapport intitulé "Le prochain défi de l'Asie: préserver l'avenir de l'eau dans la région".
Des tensions pourraient voir le jour entre l'Inde et le Pakistan ainsi que le long du Mékong, fleuve qui arrose la Chine, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Viêtnam.
"Les possibilités de conflits provoqués par les impacts directs et indirects de l'approvisionnement en eau ne devraient pas être sous-estimés, particulièrement en raison de l'inquiétude croissante à propos du réchauffement climatique", peut-on lire dans le rapport.
"Peu importe la manière dont on aborde le problème des ressources en eau - que ce soit du point de vue qualitatif ou quantitatif - l'hydropolitique devrait peser de plus en plus fortement sur la sécurité asiatique."
Alors que l'Asie héberge la moitié de la population mondiale, elle est aussi le continent qui compte le moins d'eau potable par habitant. Or, la population asiatique devrait encore croître de 500 millions de personnes au cours des dix prochaines années.
"La majorité des problèmes d'eau en Asie ne sont pas imputables aujourd'hui à une pénurie mais sont plutôt le résultat d'une mauvaise gouvernance", ajoute le rapport.
"Ils peuvent être résolus avec une gouvernance plus efficace et une meilleure gestion."
Les auteurs du rapport font dix recommandations aux gouvernements asiatiques: ils appellent notamment à une meilleure coopération régionale et à une augmentation des investissements, privés et publics, pour améliorer les infrastructures.