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Le ministère public a requis 18 mois de prison, dont 12 avec sursis. Le jugement sera rendu le 11 juin.
Agée de 58 ans, Marie-Christine Roger a vigoureusement nié avoir bourré l'artiste de tranquillisants en octobre et novembre 2005, pour s'immiscer dans sa vie et le couper de sa famille et de ses proches, en vue d'obtenir une part dans un héritage conséquent. Elle avait finalement rien obtenu.
"Je ne sais pas pourquoi mais je suis devenue la tête de turc de son entourage, je n'ai jamais voulu mettre le grappin sur lui", s'est défendue cette femme sans profession, ni ressources, qui se fait appeler Samantha Lemonnier. Elle affirme avoir rencontré Raymond Devos, de 28 ans son aîné, alors qu'elle était enfant chez une tante à Paris. Elle serait ensuite devenue sa maîtresse cachée à différentes périodes de sa vie.
Après la mort de sa dernière compagne officielle en 2003, Raymond Devos, qui n'avait pas d'enfant, fréquentait régulièrement cette femme, qui affirme "avoir le même humour que lui". En octobre 2005, elle est venue s'installer dans sa maison de Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines). Elle se serait fait passer pour un "médecin humanitaire" et aurait notamment évincé son médecin personnel et pris en main les soins de l'artiste octogénaire, malade, selon des témoins cités par l'accusation.
"Ce titre de médecin, c'était une blague entre nous depuis qu'un jour, je lui avais soigné une petite blessure", a minimisé Marie-Christine Roger. "Elle n'a empêché aucun médecin d'exercer et elle n'a fait aucun acte", a fait remarquer Me Edouard Martial, son avocat.
Le 2 novembre 2005, Raymond Devos était hospitalisé dans un état semi-comateux à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), où un surdosage en benzodiazépines (tranquillisants) était constaté. "Je me suis strictement conformé aux ordonnances", avait certifié Marie-Christine Roger. "D'autres personnes de son entourage lui donnaient aussi ses médicaments", a-t-elle affirmé.
"Nous ne sommes pas passés loin de l'empoisonnement", a accusé le procureur Jean-Marie Denieul, tandis que Me Edouard Martial a lui, remis en cause la valeur des expertises toxicologiques soumises au tribunal.
"On s'est jeté sur cette femme car on a pensé que c'était un danger", a plaidé Me Martial. "Oui, elle a couché avec Raymond Devos mais pourtant, elle n'a jamais été considérée comme sa vraie concubine, alors qu'elle l'a aidé et entouré, alors qu'il était malade".
Le président du tribunal Philippe Boussand a souligné que Marie-Christine Roger avait tout fait pour apparaître dans les médias comme la compagne officielle de l'artiste. "C'est une femme narcissique, mythomane", a renchéri le procureur en s'appuyant sur l'expertise psychiatrique de la prévenue. "Elle n'a pas connu ses parents, elle a un besoin éperdu de reconnaissance sociale".
Me Jean-Louis Le Forsonney, l'un des deux avocats de la partie civile, a lui, parlé d'une "imposture" qui a "occasionné des souffrances à la famille de Raymond Devos et gâché la fin de sa vie".
Interrogé par le juge des tutelles en mars 2006, l'artiste avait émis le souhait de ne plus revoir sa maîtresse. "C'est une voleuse, elle est redoutable, je ne veux pas qu'elle s'occupe de mes affaires", avait-il dit trois mois avant sa mort, selon des propos cités par le président du tribunal.