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La police a fait évacuer "dans le calme" vendredi matin des jeunes qui interdisaient depuis deux semaines l'accès à des bâtiments de l'université de Caen et a procédé à 21 interpellations, a-t-on appris auprès de la présidente de l'établissement, Josette Travert.
L'ensemble des personnes interpellées, parmi lesquelles figurait "un tiers environ d'étudiants", ont été relâchées dans la journée, a dit la police.
Quatorze d'entre eux ont passé la journée en cellule de dégrisement.
L'intervention menée par une dizaine de policiers en uniforme survient deux jours après une déclaration du Premier ministre François Fillon dans laquelle il s'engageait à "rétablir l'ordre" sur les campus "chaque fois qu'un président d'université (le) demandera".
Mme Travert a démenti que les autorités aient sollicité l'intervention des forces de l'ordre, alors que le mouvement universitaire qui dure depuis trois mois menace de s'enliser.
"J'ai appelé la police ce matin à cause d'une intrusion des occupants dans un laboratoire" du bâtiment de sciences, qui "représentait un danger", a-t-elle dit.
"Tout s'est déroulé dans le plus grand calme, il n'y a eu aucune violence, les personnes n'ont opposé aucune forme de résistance ni physique, ni verbale", a affirmé Mme Travert, qui était présente lors de l'intervention. Une enquête se poursuivait vendredi soir après une plainte de la présidence de l'université pour "intrusion avec effraction dans un local sensible et dégradation de biens publics".
Le principal amphithéâtre de la faculté de sciences, qui avait été récemment rénové, a été entièrement recouvert de tags et d'inscriptions, de même que plusieurs salles, des couloirs, des escaliers et le hall d'accueil du bâtiment, a constaté une photographe de l'AFP.
Les locaux occupés par les squatters, où l'odeur d'alcool était encore perceptible plusieurs heures après leur expulsion, étaient jonchés de bouteilles, de verre brisé, de reliefs de nourriture ou de vêtements.
L'activité du campus de Caen est perturbée depuis trois mois par des étudiants et enseignants-chercheurs hostiles aux réformes de l'université.
Les trois bâtiments occupés depuis deux semaines étaient tous évacués vendredi matin. Selon Mme Travert, l'interruption des cours sur le campus a touché "à peine la moitié des étudiants". Selon elle, il sera possible de valider le semestre grâce aux aménagements de calendrier.
Le mouvement universitaire perturbe encore au moins une vingtaine d'établissements en France, selon un décompte de l'AFP effectué mercredi.
Dans une dizaine d'universités, la tenue des examens est incertaine. Dans plusieurs autres, la rétention des notes du premier semestre empêche certains étudiants de s'inscrire dans une autre université pour l'an prochain.
source: AFP - vendredi 8 mai 2009