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Total Carling : la justice va être saisie

Une information judiciaire sera ouverte la semaine prochaine sur l'explosion qui a fait deux morts mercredi sur la plate-forme pétrochimique Total Petrochemicals France à Carling (Moselle), un site sensible classé Seveso 2. L'enquête technique a été confiée à la police judiciaire de Metz et de Strasbourg «en raison de la complexité du dossier», a précisé le magistrat à l'issue d'une réunion avec les responsables de Total Petrochemicals France (TPF).

  

  D'après lui, «il est impossible de désigner un quelconque responsable» du grave accident qui a également fait six blessés, tous rentrés chez eux jeudi.

 

Selon des informations données par des syndicats du site et partiellement confirmées par des sources proches du dossier, une poche de gaz serait à l'origine de l'explosion d'un surchauffeur, survenue lors du rédémarrage du vapocraqueur n°1 qui avait été arrêté lundi à la suite d'un orage.

«Les deux victimes, Maximilien Lemaire, un jeune en formation de 20 ans, et Jérôme Grifoul, un opérateur confirmé de 28 ans originaire de Dieuze (Moselle), rallumaient à la main le surchauffeur lorsque la poche de gaz, qui s'était formée on ne sait comment sous cette cuve de 30 tonnes, s'est enflammée, provoquant la déflagration», a déclaré un responsable CGT sous couvert de l'anonymat.

Un orage avait éclaté la veille de l'accident

«Il y avait eu un incident électrique l'avant-veille, puisqu'il y avait eu de graves perturbations climatiques, des orages sur le site de Carling», a rappelé jeudi matin sur RTL Jean-Marc Jaubert, directeur de la sécurité du groupe. «Nous étions hier (mercredi) en phase de redémarrage. On ne redémarre jamais ces installations automatiquement, on le fait partie par partie», a-t-il précisé. Il exclut  qu'un redémarrage trop rapide des installations soit à l'origine du drame. Total va «mettre en oeuvre tous (ses) moyens (...) pour collaborer étroitement avec la police judiciaire» pour trouver les causes de cet accident et que «cela n'arrive bien sûr pas dans d'autres unités», a souligné le responsable.

Les syndicats demandent davantage de sécurité

Si cette unité de vapocraquage  (le vapocraquage est un procédé pétrochimique par lequel des hydrocarbures saturés sont cassés en molécules plus petites, ndlr) avait disposé d'équipements plus sûrs dont Total maîtrise la technique, le drame ne se serait pas produit, selon la CGT. «L' accident a lieu sur un site industriel fortement impacté par les choix financiers de Total qui imposent une restructuration avec suppressions d'emplois, déstabilisant les équipes de travail». Le syndicat a aussi évoqué la mort d'un salarié suite à une intoxication, le 4 janvier à Total Provence, et un mort et quatre blessés dans l'explosion d'un camion citerne dans un atelier à Total Flandres, le 29 janvier. 
 

La CGT a indiqué par ailleurs qu'elle sera «très vigilante, car, comme l'a affirmé le procureur de la République au cours du procès AZF dénonçant les manipulation de l'enquête et de l'opinion, Total fera tout pour masquer ses responsabilités». «D'ailleurs, déjà le directeur du site parle d'un accident dû aux intempéries», ajoute le syndicat. FO, la branche chimie de la CFDT demandent, eux aussi, davantage de sécurite.

Darcos réclame des comptes

Le ministre du Travail, Xavier Darcos, a demandé que «toute la lumière soit faite» sur l'explosion, pour que «tous les enseignements en soient tirés en termes de prévention». Il a adressé «ses plus sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes de cet accident du travail».

Le ministre précise dans un communiqué que «l'inspectrice du travail et le directeur adjoint de la Direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle de Moselle, s'étaient immédiatement rendus sur le site pour procéder aux premiers éléments d'enquête en liaison étroite avec l'inspection des installations classées».

 «Il n'y a pas d'émanations toxiques»

L'explosion a fait deux morts et six blessés. Un ouvrier a été tué par le souffle de l'explosion, et un second est mort après avoir été enseveli. Ils étaient respectivement âgés de 21 et 26 ans.
Parmi les six blessés évacués vers les hôpitaux de Saint-Avold et de Forbach, quatre avaient déjà regagné leur domicile dans la soirée. Sylvie Houspic, sous-préfète de Forbach, s'est voulu rassurante quant à la pollution éventuelle due à l'explosion : «Il n'y a pas de danger pour les populations vivant autour du site. C'était de l'eau qui était présente dans le surchauffeur, il n'y a donc pas d'émanations toxiques». 

Leparisien.fr

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