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Une spectatrice de 60 ans, domiciliée à Staffelfelden, a été fauchée hier par un motard de la Garde républicaine de la gendarmerie entre Pulversheim et Wittelsheim. Deux femmes ont également été blessées. Tragique 14 e étape du Tour de France, hier, entre Colmar et Besançon. Alors que les coureurs se trouvaient sur la RD2 entre Pulversheim et Wittelsheim, une spectatrice de 60 ans a été percutée de plein fouet par un motard de la Garde républicaine de gendarmerie vers 13 h 35. Le choc a été violent et Jeannette Stoeffel, domiciliée à Staffelfelden (cité Rossalmend), est morte sur le coup. Dans sa chute, le motard a happé deux autres femmes.
Sous les yeux d’un public clairsemé et enthousiaste, la victime s’est subitement avancée pour voir les coureurs cyclistes passer. « Selon les premiers témoignages sur place, elle aurait tenté de traverser la route une première fois », relève le vice-procureur Alexandre Chevrier. Le drame s’est produit après le passage d’un premier groupe de coureurs échappés. Ils avaient une trentaine de secondes d’avance sur le peloton.
Pilote chevronné
« Le motard a doublé le peloton pour rejoindre l’échappée et assurer la sécurité des coureurs, explique le colonel Philippe Furmanek, commandant du groupement de gendarmerie du Haut-Rhin. Il a freiné avant de percuter la spectatrice et de coucher la moto. Il ne pouvait pas se déporter, car il aurait certainement fauché de nombreux spectateurs. » Ce pilote chevronné, âgé de 37 ans, participait à son 5 e Tour de France. Comme ses collègues de la Garde républicaine, il s’occupait des points importants de la course.
Jeannette Stoeffel a été projetée sur quelques mètres. La grosse cylindrée s’est ensuite couchée avant de terminer sa course dans un fossé, à droite de la chaussée. Elle a alors heurté deux autres spectatrices : une femme âgée de 61 ans, de Wittelsheim, et une autre âgée de 35 ans, domiciliée à Masevaux, avec son enfant de deux ans dans les bras. Voyant arriver la moto sur elle, la jeune maman a eu le réflexe de jeter son bébé dans un fourré. Un geste grâce auquel l’enfant est indemne.
Très rapidement sur le lieu du drame, les gendarmes de la compagnie de Thann, avec à sa tête le commandant Christophe Blanc, ont bouclé le périmètre, afin que les secours puissent converger vers le site. L’assistance médicale du Tour de France, les sapeurs-pompiers de Pulversheim, Ensisheim, Wittenheim et Wittelsheim étaient sur place, de même qu’une équipe médicale du Smur avec le médecin-chef Jean Rottner. Le médecin-colonel Francis Levy, le colonel Philippe Furmanek et la substitute du procureur Alexandra Chaumet sont rapidement arrivés.
« Il a été surpris »
Les secours n’ont malheureusement rien pu faire pour sauver la victime, qui était en arrêt cardio-respiratoire. Vers 14 h 20, l’autre sexagénaire, qui souffrait d’une fracture de la jambe, a été évacuée par l’hélicoptère de la Rega suisse à l’hôpital Emile-Muller de Mulhouse, tandis que la 3 e victime était transportée avec son fils dans ce même établissement. Le gendarme de la Garde républicaine, qui a perdu connaissance un instant, n’a pas souhaité être transporté, malgré une blessure à la main et des douleurs au dos. Fortement choqué, il a immédiatement été entendu à la brigade territoriale de Wittelsheim. « Les premiers éléments de l’enquête ont permis de mettre en évidence les circonstances de cet accident mortel, remarque Alexandre Chevrier. Le motard roulait à 90 km/h et il a été surpris, car la victime a traversé de manière soudaine et inattendue. Les témoignages recueillis auprès des spectateurs confirment ses propos. Pour l’instant, l’enquête ne révèle aucun comportement fautif de la part du motard. » Elle se poursuit pour déterminer les circonstances précises du drame.
Hier, sur le tracé haut-rhinois de l’étape, il y avait 480 gendarmes locaux qui s’occupaient de la sécurité. « Il y a des messages à l’intention des spectateurs avant le passage des coureurs, précise le colonel Furmanek. Avec le nombre de gendarmes sur le terrain, on peut difficilement imaginer davantage de protection… »
Ce drame a semé la consternation parmi les habitants de la cité Rossalmend , qui n’arrivaient toujours pas à réaliser que cela puisse se produire à l’occasion d’une fête aussi populaire que le Tour de France.