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Noyade d’Anissa : l’enquête pointe des défaillances en chaîne

Le parquet de Gap (Hautes-Alpes) continue d’enquêter sur les manquements ayant conduit au décès d’une fillette de onze ans. Plusieurs personnalités, dont Martin Hirsch, contestent les carences de sécurité relevées par les autorités locales.

Des manquements en cascade. C’est ce qu’il ressort des premiers éléments récoltés par les enquêteurs à l’issue de la noyade d’Anissa, intervenue samedi, lors d’une sortie fatale en hydrospeed sur la Durance (Hautes-Alpes). Les enquêteurs promettent de faire la lumière sur d’éventuelles défaillances d’encadrement dont la fillette de onze ans aurait fait les frais.

Lundi, les gardes à vue du gérant du club nautique et du moniteur sous la responsabilité desquels se trouvait l’enfant et huit autres de ses ami(e)s, interpellés dimanche en début de soirée, ont été prolongées. Jusqu’à aujourd’hui, pour le gérant, tandis que le jeune moniteur devait être retenu jusque hier soir. Selon le procureur de Gap, l’affaire pourrait éventuellement connaître des prolongements judiciaires.

« D’autres personnes pourraient être mises en cause », a précisé Philippe Toccanier, indiquant en outre que les éducateurs de la colonie venue d’Etampes (Essonne) auraient dû fournir les attestations relatives à la capacité de nage des enfants. Une négligence qui demeure, pour l’instant, inexpliquée.

Le groupe de neuf enfants et deux moniteurs effectuait de l’hydrospeed sur la commune de l’Argentière-la-Bessée (Hautes-Alpes), dans le cadre d’une colonie de vacances organisée par la ville d’Etampes (Essonne). Anissa est morte samedi dernier alors qu’elle pratiquait l’hydrospeed, activité de nage en eaux vives avec un flotteur, après être restée coincée sous une barre de fer de 12 mètres de long qui traversait la rivière. Les activités du club ont été suspendues pendant l’enquête. Des scellés judiciaires ont été posés sur le matériel.

D’après les premiers éléments de l’enquête, la fillette a « dévié de la trajectoire normale », restant coincée sous la barre de fer, un objet qui « pourrait provenir de la destruction d’un pont routier » érigé dans les années 1970. Judiciairement, une enquête préliminaire pour « homicide involontaire » a été ouverte après l’observation de « plusieurs manquements à la réglementation ».

Selon le procureur de Gap, le moniteur, un stagiaire de 19 ans qui préparait son brevet d’Etat, aurait dû être supervisé par son maître de stage. Tandis que le groupe n’aurait dû compter que huit personnes au lieu de onze. Enfin, une reconnaissance de la rivière aurait dû être effectuée. Des consignes de sécurité qui n’ont apparemment pas été respectées.

« Des vérifications »

Pourtant, plusieurs voix s’élèvent pour tenter d’exonérer ceux que la Justice tient, aujourd’hui, pour les responsables de l’accident mortel. Michel Baudry, président du comité des Hautes-Alpes de la Fédération française de canoë, estime que « la vraie cause de cet accident est la présence de cette barre de fer ».

Le responsable fédéral est catégorique au sujet de l’objet qu’il juge fatal à l’enfant décédée. « Il a été un véritable piège. Le parcours avait été extrêmement sécurisé pour les Championnats de France de canoë qui se sont déroulés au mois de juillet.

Pendant une semaine, tous les jours une équipe descendait pour sécuriser les lieux, mais aucune barre de fer n’avait été signalée » sur cette portion de la Durance pourtant « très fréquentée ». Joël Giraud, le maire d’Argentière-la-Bessée, commune dans laquelle s’est noué le drame, abonde dans le même sens. « Il y a non seulement eu des vérifications mais des milliers de kayakistes sont passés par là. Et personne n’a rien vu », insiste celui qui est aussi député des Hautes-Alpes.

Les activités étaient organisées par River club, une société privée propriété du comité régional de la Fédération française de canoë-kayak (FFCK), agrée par celle-ci. Le gérant du club, qui exerce cette fonction bénévolement, est aussi directeur du centre régional de formation au canoë-kayak (CRFCK) d’Argentière, qui fait passer un diplôme d’Etat et dépend de la FFCK.

Si Michel Baudry confirme que la Fédération est bien l’actionnaire du club, il insiste cependant sur le fait qu’« il y a un lien de subordination qui n’est pas fonctionnel au quotidien ». Une clarification des rôles et des responsabilités que la justice devra rapidement démêler.

 


« Des normes suffisantes », selon Martin Hirsch


Martin Hirsch a annoncé hier qu’il allait « faire procéder à des contrôles […] ciblés sur les activités les plus risquées », après la noyade d’Anissa, 11 ans, intervenue le 1er août lors d’une sortie en hydrospeed dans la Durance.

Le haut-commissaire à la Jeunesse a affirmé dans un communiqué que « l’ensemble des accueils collectifs de mineurs » étaient « destinataires d’un rappel des règles applicables en matière de taux d’encadrement selon les différents types d’activités », par le biais des « services déconcentrés de l’administration Jeunesse et Sport ».

Selon lui, il a été demandé à ces services de « faire procéder à des contrôles sur pièce et sur place, ciblés sur les activités les plus risquées », afin de s’assurer « que les encadrants disposent bien des titres nécessaires à l’exercice de leur activité et que l’ensemble des règles régissant ces activités soit bien respectée ». Ce qui n’aurait pas été le cas dans le drame intervenu ce week-end. Sur RTL, Martin Hirsch a réfuté hier toute négligence quant à la réglementation.

« Les normes sont à nos yeux suffisantes, mais là, dans ce drame […], c’est pas un manque de normes », a-t-il déclaré tout en rappelant « qu’il y a 1,5 million d’enfants qui partent en vacances et que dans l’immense majorité des cas, ça se passe très très bien ».

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