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« Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom. » Il y a une semaine, cette terrible phrase, écrite par un fonctionnaire de 51 ans le 14 juillet dernier avant qu’il ne se donne la mort, était rendue publique. Dans un courrier adressé à ses proches, l’homme mettait en cause sa « surcharge de travail » et un « management par la terreur ».
Un nom de plus s’est ainsi ajouté à la longue liste des suicides d’employés de France Télécom établie par les syndicats, dix-huit depuis le début de l’année, un phénomène grave que nous évoquions déjà dans nos colonnes en mai dernier. Pour les syndicats, la coupe est pleine.
Ils viennent d’envoyer un courrier au président du groupe, lui demandant de « prendre en considération » le problème de la souffrance au travail et des suicides de salariés, et d’entamer des négociations sur le stress dès la rentrée.
Dans cette lettre, les organisations syndicales (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, SUD) rappellent que « trois nouveaux suicides sont intervenus depuis la mi-juillet » parmi des salariés de l’entreprise.
« Nous vous demandons de montrer clairement aux salariés que vous êtes déterminé à chasser la souffrance au travail de notre entreprise », expliquent les syndicats, qui exigent également du président du groupe, Didier Lombard, qu’il assure « sans délai son obligation de protéger la santé physique et mentale des salariés ».
Parmi les causes de la souffrance au travail dans le groupe, ils dénoncent notamment les « suppressions d’emplois », les « mobilités contraintes », les « pressions sur les départs » ou le « management par l’intimidation ».
« Aujourd’hui, dans l’entreprise, les gens se sentent désemparés », explique Patrick Diochet, délégué CFTC. Mais « cela n’a rien à voir avec la crise, c’est lié à la volonté de la direction que le management soit tourné vers les objectifs, sans prendre en compte le facteur humain ». Jointe par téléphone, la direction n’a pas souhaité réagir pour le moment.
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