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Chaque année, le 6 août, les Japonais portent le deuil en mémoire des victimes de l’attaque américaine contre Hiroshima, première ville victime d’une bombe nucléaire en 1945. L’engin avait complètement rasé la ville, laissant seulement quelques survivants ça et là.
Jeudi, à l’occasion de l’anniversaire de cette tragédie – qui précipita la capitulation du Japon –, le Premier ministre japonais a exhorté le monde à stopper la course à ce type d’armement, même s’il confie ne pas y croire vraiment et, en réalité, pas du tout.
Un monde sans arme nucléaire ne pourrait voir le jour que « si toutes les bombes disparaissaient d’un coup sur la planète », a-t-il déclaré, promettant d’autre part à ses 50.000 auditeurs que le Japon serait toujours « à l’avant-garde de la communauté internationale pour l’abolition des armes nucléaires et la réalisation de la paix éternelle ».
Certes le message de paix du Japon est louable. Mais dans quel pays trouvera-t-il un écho ? Les Américains et les Russes ne sont pas les seuls à pouvoir provoquer le « big boum ». Les commémorations d’Hiroshima surviennent en effet alors que la Corée du Nord a effectué son deuxième essai nucléaire voilà quelques semaines seulement, provoquant un vif regain de tension dans la région.
L’Iran cherche de son côté, et plus que jamais, à se doter de l’atome à des fins militaires. Et si l’on ajoute les islamistes qui tentent de mettre la main sur le Pakistan, qui, lui, possède la bombe, afin de régner sur la région et de régler ses comptes avec l’Inde, le tableau est loin d’être idyllique.
Mais qui ne tente rien n’a rien. Le Japon a donc le mérite d’essayer, et surtout de montrer l’exemple. Tokyo s’est imposé l’interdiction de posséder la bombe, d’importer ou de produire des armes atomiques. En contrepartie, le Japon bénéficie d’une protection offerte par les Etats-Unis.
Paradoxalement, alors que la majorité des Nippons sont contre l’arme suprême – eniron 260.000 personnes sont mortes à Hiroshima –, beaucoup se montreraient, semble-t-il, réticents à l’idée d’une diminution importante des capacités nucléaires américaines. Le Japon dit donc non à l’arme suprême, mais seulement si la protection américaine est au meilleur de sa forme.