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Dans Partir, très beau film de Catherine Corsini qui sort mercredi, Kristin Scott Thomas incarne une femme bourgeoise qui quitte tout par amour.C’est une magnifique et tragique histoire d’amour que nous conte avec Partir la réalisatrice Catherine Corsini (La Nouvelle Eve). A l’image de celles que vivaient les héroïnes qui l’ont fait rêver, Madame Bovary et Anna Karenine. "Si elles n’avaient d’autre issue que le suicide, j’ai imaginé une trajectoire différente pour Suzanne. Je voulais montrer comment une femme bourgeoise, qui s’est interdit de s’appartenir vraiment pour se conformer à un modèle social, va se laisser emporter par un sentiment très violent. Sans jamais transiger avec rien ni personne. La passion est dévastatrice et c’est ce genre de sentiment extrême que j’ai envie de voir au cinéma."
Pour souligner l’intensité de ses personnages, Catherine Corsini adopté une image sans effets, presque naturaliste. La caméra filme au plus près les corps et les visages, comme cherchant à saisir les émotions cachées au fond des yeux et à donner de la chair en captant le grain des peaux. Prise entre un Yvan Attal ivre de colère et un Sergi Lopez ivre d’amour, Kristin Scott Thomas irradie de bonheur, joue les femmes nouvellement amoureuses avec cette divine capacité à rendre vrais des moments simples de bonheur ou des instants volés d’intimité. "Je trouvais intéressant d’utiliser son image de star hollywoodienne et d’héroïne hitchcockienne pour donner une dimension supplémentaire à ce film intimiste et réaliste, explique Catherine Corsini. Je suis étonnée qu’on lui offre souvent des rôles durs alors que quand elle sourit, elle dégage une grâce et une beauté incroyables."
Il suffit de voir sourire en interview Kristin Scott Thomas pour en être convaincu. "Suzanne est un beau personnage car elle a une force incroyable. Elle est prête à se débarrasser de tout, même de sa famille, pour se concentrer uniquement sur l’amour qu’elle porte à Ivan. J’ai adoré." Même si donner de son corps à l’écran, dans des scènes d’amour très sensuelles, n’a pas été simple. "Heureusement que l’équipe du film était petite et essentiellement féminine. Mais le cinéma français me permet d’incarner des femmes qui, à 45 ans, ont encore le droit d’avoir une vie sexuelle épanouie. Alors qu’en Angleterre et aux Etats-Unis, c’est tout juste si, à mon grand âge, on ne me propose pas des rôles de grand-mère!"