Actus, news, en france, en eure et loir, et dans le monde. Vu sur le web,et lu dans la presse locale.
C’était le souvenir de vacances qu’il ne fallait pas acheter. Domanick, un Mauricien de 40 ans qui a quasiment toujours vécu en France, vient d’en faire l’amère expérience : son « caillou », déniché dans l’une des ruelles de la cité balnéaire d’Antalya, en Turquie, lui a coûté quatre mois de prison. Beaucoup plus que le prix de vingt euros qu’il avait obtenu pour la pierre.
Mais beaucoup moins que la sentence maximale : cet habitant de Chocques, dans le Pas-de-Calais, risquait jusqu’à 10 ans de prison pour « trafic d’antiquités ». Le touriste a été libéré hier, les juges turcs reconnaissant la bonne foi de l’accusé. Le petit souvenir de Domanick était en réalité une pièce archéologique datant du IIe siècle après Jésus-Christ, d’après les experts. Le touriste avait été arrêté à l’aéroport, devant sa famille, le 2 mai dernier, alors que tous s’apprêtaient à rentrer au pays.
Une mauvaise histoire dans la lignée de Midnight Express, ce film où un Américain, arrêté à l’aéroport après avoir tenté de faire passer de la résine de cannabis, est oublié dans une prison sinistre. « On n’a jamais cru à une blague », se souvient Martine, la femme française de Domanick, les joues encore rouges des larmes de bonheur accompagnant la nouvelle de la libération de son mari. « Mais on croyait que ça irait beaucoup plus vite ». Domanick, arrêté en mai, a attendu pendant quatre mois son jugement. « C’était très difficile », poursuit Martine.
« Il nous questionnait beaucoup sur les démarches qu’on faisait en France. Il était emprisonné avec des détenus condamnés pour toutes sortes de choses. Il y avait des bagarres, des violences entre détenus. » Tout le contraire d’un beau séjour de vacances.
Quatre mois après avoir été arrêté, Domanick va donc enfin revoir ses quatre enfants et pouvoir reprendre son activité de négoce. « Ça a pris du temps, mais l’essentiel, c’est qu’il est libre. Maintenant, on va vivre et se reconstruire. » Hier midi, la famille s’escrimait à trouver un vol direct vers la France, pour abréger une bonne fois pour toutes le calvaire de Domanick.
« Le vol de 22 heures ne va pas ! Il y a une escale à Istanbul ! », s’exclamait Noémie, la belle-sœur de Martine. « Son avocat lui a conseillé de partir le plus rapidement possible », expliquait-elle. Finalement, c’est le consulat de France qui prendra en charge la « logistique » du retour de Domanick.
Un coup de pouce bienvenu pour Martine, qui a remué ciel et terre pour son mari : lettres à Nicolas Sarkozy, appels à la presse. « On a eu de l’aide dès que ça a été médiatisé », dit-elle. Côté ministère des Affaires étrangères, on se gardait bien hier de commenter une « décision de justice souveraine ». Tout en rappelant l’existence de la rubrique « Conseil aux voyageurs » sur le site Internet du ministère…
Edition France Soir du vendredi 28 août 2009