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Silhouette maigrichonne, crâne dégarni, mine débonnaire. Sim c’était cette gueule, ce physique peu conventionnel capable de camper avec la même aisance le petit monsieur grivois et la vieille dame facétieuse. Né Simon Berryer, le 21 juillet 1926 à Cauterets (Hautes-Pyrénées), ce fils d’un ingénieur s’est éteint, dimanche matin, à Saint-Raphaël dans le Var. Hospitalisé pour une pneumonie, le comédien et humoriste de 83 ans a succombé à une embolie.
« L’erreur est humaine, regardez-moi », aimait plaisanter le doyen –et plus ancien- – chroniqueur des Grosses Têtes, l’émission radiophonique de Philippe Bouvard qu’il avait rejoint en 1977. « Pour faire rire, j’ai choisi de taper sur ma gueule. Je me suis vite aperçu qu’amuser les gens donne un certain pouvoir. Enfant, j’avais l’impression d’être le patron quand je faisais rire. C’est comme ça que j’ai décidé de devenir un comique. Je voulais être sur une estrade, avoir ce pouvoir magique », confiait l’inoubliable Baronne de la Tronche-en-Biais.
Sim débute sa vie professionnelle en 1946 comme opérateur de cinéma. Son talent pour les grimaces et son humour lui ouvrent très vite les portes des cabarets de Paris où il présente à partir de 1953 un tour de chant comique. Découvert par Jean Nohain, l’un des pionniers de la télévision, Sim connaît un immense succès populaire dans les émissions de Guy Lux.
S’il avait fait de cette « avarie de physique » son fond de commerce, Sim était aussi connu pour une multitude de seconds rôles dans de grands succès au box-office, comme Une veuve en or (1969) et, un an plus tard, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause (1970), deux longs-métrages de Michel Audiard. On se souvient aussi de sa participation dans Pinot, simple flic de Gérard Jugnot (1984). Mais Sim était aussi, et surtout, un artiste aux multiples talents, une sorte couteau suisse (il nous pardonnerait sans doute la comparaison), capable de chanter, de pianoter sur un clavier et d’incarner des personnages plus sombres.
Il aimait l’humour absurde et poétique de Raymond Devos, pratiquait la peinture et la sculpture sur bois, écrivait des livres dont certains, comme Elle est chouette, ma gueule, seront des best-sellers, et une pièce, Une cloche en or, qu’il met en scène et interprète plus de 350 fois à Paris et en province.
Frederico Fellini l’avait bien compris quand, en 1990, il lui offrit le rôle du joueur de cannelure dans La Voce della Luna. Plus récemment, c’est le personnage d’Agecanonix qu’il jouait sur grand écran, dans Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi (1999) et dans Astérix et Obélix aux Jeux olympiques de Thomas Langmann et Frédéric Forestier (2008).
Depuis quelques années, il réservait ses engagements à Louis la Brocante, au côté de Victor Lanoux, sur France 3 (1), comédien qui l’avait mis en scène au théâtre dans Le Tourniquet (1987) et La Ritournelle (1989). Celui qui faisait rire pour séduire, va cruellement manquer à ses amis et ses admirateurs. A n’en pas douter, l’homme qui avait publié Pour l’humour de Dieu en 1985 fera rire le Tout-Puissant.
France Soir