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Le présumé corbeau de l'Hérault démasqué

Les policiers ont appréhendé, dimanche 20 septembre, un handicapé au chômage domicilié dans le village d’Hérépian. L’individu a aussitôt reconnu être l’unique auteur de nombreuses lettres de menace envoyées à plusieurs responsables politiques de droite.

Le fameux corbeau semble aujourd’hui débusqué et dit tout vouloir assumer seul. L’auteur présumé des missives vengeresses qui empoisonnent les principaux destinataires et les services de police depuis des mois a été interpellé, dimanche 20 septembre, à son domicile d’Hérépian (Hérault). L’envoi de menaces de mort est puni d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à trois ans et de 45.000 euros d’amende.

Celui qui est soupçonné d’avoir poursuivi de sa vindicte plusieurs responsables politiques, dont Nicolas Sarkozy, en les abreuvant de menaces contenant parfois des balles est « passé aux aveux ». Peu après son interpellation, Thierry J., 51 ans, handicapé sans emploi et membre d’un club de tir local, a reconnu avoir écrit « seul » toutes les lettres, d’après une source judiciaire qui précise qu’il avait été transféré à Paris dans les locaux de la Sous-direction antiterroriste (SDAT), cosaisie des investigations depuis le printemps. L’individu « a bien reconnu être l’auteur de l’ensemble des lettres, il n’a pas fait de difficultés » à avouer et « dit avoir agi seul », précise une source proche de l’enquête.

Selon toute vraisemblance, le suspect, ancien employé d’un garage, a été confondu par son ADN, semblable, d’après la police scientifique, à celui relevé sur les quatre premiers courriers envoyés par la mystérieuse « Cellule 34 », signataire des courriers envoyés au maire de Lamalou-les-Bains, commune voisine d’Hérépian. L’épouse du correspondant anonyme présumé a également été placée en garde à vue pour « vérifications ». Ironie de l’affaire : Thierry J. avait été entendu, la semaine dernière, comme témoin, une audition au cours de laquelle son ADN avait été prélevé.

Expertises

Lors de leur perquisition au domicile du principal suspect, à Hérépian (30 kilomètres au nord de Béziers), les nombreux enquêteurs ont confisqué une kyrielle de munitions correspondant aux calibres des balles glissées dans les courriers expédiés, notamment du 9 mm, du 7.65 et des munitions de marque Gecko. Une feuille chiffonnée – a priori un brouillon de lettre de menace –, des séries de timbres identiques à ceux utilisés, un ordinateur ainsi qu’une imprimante ont été saisis et seront bientôt expertisés.

Le suspect appréhendé après des mois de traque infructueuse était, jusque-là, « inconnu des services de police », souligne une source proche du dossier. Il est aujourd’hui décrit comme un « homme fragile qui ne travaille pas », vivant « depuis quinze ans dans un logement social avec son épouse », relate Pierre Bernard, le maire d’Hérépian. « Je suis tombé des nues lorsque j’ai appris son arrestation », affirme à France-Soir Martin Béjar, le président de la Société lamalousienne de tir (SLT), dont Thierry J. était l’un des 70 adhérents. « C’est un brave garçon, dévoué, disponible, mais solitaire et plutôt dépressif. Jamais je n’aurais pensé qu’il soit capable d’une telle chose », relate cet associatif, lui-même perquisitionné le 16 avril dernier, à l’instar de cinq autres membres du stand de tir.

Depuis la fin 2008, une obscure « Cellule 34 » a adressé, à intervalles réguliers, plus d’une trentaine de lettres de menace, parfois accompagnées d’une balle, toutes postées dans le Midi, à des ministres, à des personnalités principalement de droite, dont Nicolas Sarkozy, le président de la République, destinataire de choix. Ces textes avaient été postés, pour l’essentiel, de plusieurs villes situées dans le département de l’Hérault. Jusqu’à ce qu’ils soient régulièrement expédiés, depuis début février 2009, d’un même endroit, à proximité de Béziers.

Priorité

L’affaire était devenue une priorité pour l’Elysée, dont l’hôte avait reçu, début septembre, les plus hauts responsables des forces de l’ordre, les sommant de faire avancer l’enquête. C’est peu dire que l’obscure cellule avait donné du fil à retordre aux enquêteurs ces derniers mois. Ces mystérieux envois postaux ont été, pour certains, signés de « comités » ou de « Nous, combattants cellule 34 » ou encore de « Nous, armée défense des malades ». Des dénominations saugrenues et totalement inconnues des services de police, variant en fonction des récipiendaires de ces textes vindicatifs.

Début mars, des personnalités de TF1 étaient visées à leur tour. Nonce Paolini, son PDG, tout comme Jean-Pierre Pernaut, l’inamovible présentateur du 13 heures, avaient reçu des libelles tout aussi virils, accompagnés de balles de calibre 9 mm. L’expéditeur reprochant aux deux hiérarques de la Une d’avoir alimenté en sous-main le thème de l’insécurité. « Vous distillez la peur, c’est à vous maintenant d’avoir peur », concluait, à leur adresse, le courrier.

Dès lors, les investigations se sont principalement concentrées aux alentours de la préfecture de l’Hérault. Les policiers, circonspects, n’ayant pas eu grand-chose à se mettre sous la dent depuis la remise en liberté, tout début mars, d’un ancien informaticien de 47 ans, un temps soupçonné d’être le fameux corbeau. Sans emploi, résidant à Montpellier, il avait été mis hors de cause, après trente-quatre heures de garde à vue, arguant du « chantage » de son ex-compagne qui l’avait dénoncé à la police, histoire d’obtenir la garde de leur enfant, en cours de procédure.

Cet homme avait surtout été dédouané par une lettre anonyme adressée à son avocate par le véritable corbeau, utilisant comme code d’authentification la description des balles, de leurs calibres et poids respectifs.

Entre-temps, sévèrement briefés à Paris, les enquêteurs avaient clairement reçu une « obligation de résultat », selon plusieurs sources policières, notamment après une série d’interpellations infructueuses comme celles de début septembre qui avaient déclenché des protestations contre les méthodes employées par la police. Six nouvelles lettres destinées à des personnalités politiques et contenant une balle avaient été interceptées vendredi 18 septembre. Elles étaient adressées aux ministres des Affaires étrangères Bernard Kouchner et de la Culture Frédéric Mitterrand, à Raymond Couderc, sénateur maire UMP de Béziers, ainsi qu’au « ministère de la Justice » et à la « police ».

http://www.francesoir.fr/faits-divers/2009/09/22/corbeau-menaces.html

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<br /> Le corbeau présumé de Nicolas Sarkozy libéré. L'auteur présumé de lettres de menaces adressées à plusieurs personnalités, dont Nicolas Sarkozy, a été libéré cet aprés-midi.<br /> <br /> <br />
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