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Dans sa lettre, l'agresseur, soigné depuis dix ans pour troubles mentaux, déclare «ne pas se reconnaître» dans ce qu'il a qualifié d'«acte superficiel, lâche et inconsidéré», indique une note rendue publique par ses avocats. Il a affirmé «avoir agi seul» et a exclu «toute forme de militantisme ou d'appartenance politique», selon l'agence de presse Ansa.
«C'est un lion, il réagira»
Si Silvio Berlusconi a passé une nuit de sommeil plutôt «tranquille», son réveil n'a pas été paisible lundi à l'hôpital San Raffaele de Milan. D'après ses médecins, cités par la presse italienne, le chef du gouvernement italien s'est plaint d'un «grand mal de tête». Il restera encore quelques jours, au moins jusqu'à mercredi, à l'hôpital.
Selon son médecin personnel, le Dr Zangrillo, «il n'y a pas de préoccupation particulière, mais les fractures au nez doivent être surveillées». Il a expliqué que le chef du gouvernement italien devrait reprendre le travail dans «dix jours». Evoquant les conditions psychologiques de Berlusconi, le médecin a affirmé que «son moral est pire que dimanche soir, il est abattu. Mais, c'est un lion, il réagira».
A ses visiteurs, dont les principaux leaders politiques du pays, les présidents des deux Chambres, Berlusconi raggaillardi a exprimé son «amertume». Il a néanmoins déclaré : «Je me sens bien, je me sens bien. Et, il ne m'arrêteront pas».
La sécurité de Berlusconi en question
Pendant ce temps, les images du Cavalière au visage ensanglanté ayant fait le tour de la planète, cette agression soulève doutes et interrogations sur l'efficacité des services de protection du chef du gouvernement italien, même si le ministre de l'Intérieur a pris leur défense. Ce dernier a, certes, pris soin de préciser que les gardes du corps de Silvio Berlusconi dépendaient des services secrets et pas de son ministère, mais il a estimé que leur travail était «absolument digne d'éloges».
«La sécurité du chef du gouvernement est une question de sécurité nationale que je soulèverai demain à la réunion du Copasir», la commission parlementaire de contrôle des services secrets, a déclaré Carmelo Briguglio, l'un des responsables de cette institution. Selon lui, «trois épisodes graves» se sont produits ces dernières années, mettant en cause, d'une manière ou d'une autre, la sécurité de Silvio Berlusconi. «Le premier il y a quelques années (le 31 décembre 2004, ndlr) lorsqu'il a été touché par un trépied (d'appareil photo), le deuxième a été l'espionnage photographique qui a duré plusieurs années de sa résidence estivale en Sardaigne et le troisième est l'agression de dimanche soir», a estimé Carmelo Briguglio.
«Il ne faudrait pas que certains pensent qu'il y a en Italie un permis de tuer le chef du gouvernement. Aujourd'hui, c'est Silvio Berlusconi, demain, ce sera un autre mais le chef du gouvernement n'est pas un citoyen commun, il doit bénéficier d'un système de sécurité qui implique les services de renseignement», a t-il ajouté.