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Le "grand 1er Mai" auquel aspiraient les syndicats pour peser sur la réforme des retraites n'a pas eu lieu. Les cortèges, samedi, ont beaucoup moins mobilisé qu'en 2009, malgré un appel de l'intersyndicale CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires à manifester "nombreux". Les syndicats se retrouvent le 6 mai pour décider des suites.
La police a comptabilisé un total de 195.000 manifestants dans toute la France, la CGT plus de 350.000, contre 465.000 à 1,2 million selon les sources en 2009. Si cette année-là, l'appel à manifester avait été unitaire pour la première fois dans l'histoire de ce rendez-vous social, le nombre de manifestations organisées (284) était en revanche similaire. Et la baisse a été partout spectaculaire.
A Paris, le cortège a rassemblé entre 21.000 et 45.000 personnes selon les sources, contre 65.000 à 160.000 en 2009.
L'intersyndicale avait appelé les "salariés du privé et du public, les retraités, les jeunes et les privés d'emploi" à "réussir un grand 1er mai" en "manifestant nombreux pour exiger la priorité à l'emploi, l'amélioration des salaires et du pouvoir d'achat, des garanties pour l'avenir des retraites".
"En étant tous mobilisés le 1er Mai (...) nous donnons du poids à ces revendications (...) avant le prochain Sommet social et nous nous opposons à un passage en force gouvernemental qui semble se dessiner sur le dossier des retraites", avait écrit l'intersyndicale dans son appel diffusé le 26 avril.
A Marseille, quelque 3.000 personnes selon la police, 15.000 selon les organisateurs, ont défilé du Vieux-Port à la Porte d'Aix, samedi matin. Le 1er Mai 2009, la police avait compté 8.500 manifestants et les organisateurs 35.000.
A Lyon, 6.500 personnes, selon la police, de 8.000 à 8.500, selon les syndicats, ont défilé sous la pluie, contre 10.000 à 15.000 l'année dernière.
A Bordeaux, les manifestants étaient entre 5.200 et 15.000 à 20.000 selon les sources, contre entre 13.500 et plus de 30.000 l'année précédente.
A Saint-Etienne, le défilé a rassemblé, entre 2.000 et 3.000 personnes. Là encore, la mobilisation était moindre que l'an dernier (6.000 à 20.000).
A Toulouse, la baisse était également fortement visible avec quelque 5.000 personnes défilant dans les rues, selon la police, 6.000 selon les organisateurs, contre 15.000 à 30.000 en 2009.
A Nantes, le cortège a mobilisé entre 3.700 et 5.000 personnes, selon les sources alors que la police avait compté quelque 7.000 protestataires l'an passé.
Dans la capitale, les manifestants ont défilé dans l'après-midi entre la place de la République et celle de l'Opéra en présence des secrétaires généraux des syndicats à l'origine de cette journée, notamment Bernard Thibault (CGT), et François Chérèque (CFDT).
Interrogé par l'Associated Press, le secrétaire général de l'UNSA Alain Olive, également présent, a reconnu une "mobilisation en demi-teinte". "Tant qu'on n'aura pas les premières indications sur les hypothèses de la réforme, les gens seront l'arme au pied", a-t-il déclaré. Après un nouveau sommet social à l'Elysée le 10 mai, le gouvernement doit donner aux partenaires sociaux un premier document d'orientation le 15 mai, puis un texte plus précis mi-juin. Un projet de loi doit ensuite être présenté en conseil des ministres dans la première quinzaine de juillet, puis débattu au Parlement en septembre.
Pour François Chérèque, la mobilisation est "un peu moins importante que l'année dernière, mais plus forte que lors des 1er Mai traditionnels".
Et à l'instar de M. Olive, François Chérèque a estimé lui aussi que la mobilisation assez faible de ce samedi était liée au fait que "les salariés n'ont pas une seule ligne écrite du projet de réforme du gouvernement" sur les retraites. Mais selon lui, "quand le gouvernement aura dit quel est son projet, on sera en mesure, dans l'unité, de mobiliser si le projet ne va pas dans le bon sens".
"On ne sait pas exactement ce que le gouvernement va mettre dans sa loi, mais on a là un socle intéressant de mobilisation pour lancer d'autres initiatives", a jugé pour sa part Bernard Thibault.
L'absence d'unité aura également pesé. La CGC et la CFTC ne s'étaient pas associées à l'appel, jugeant que le temps est encore à la "concertation" et non à la "contestation". Quant à FO, le syndicat avait décidé d'organiser ses propres meetings et rassemblements. AP