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Il faudra trois ans pour déblayer les décombres du séisme du 12 janvier en Haïti, estime le président René Préval, évoquant dans un entretien à l'Associated Press Television News (APTN) le processus de reconstruction de la capitale Port-au-Prince.
"Il faudra 1.000 camions transportant les décombres pendant 1.000 jours, donc cela fait trois ans. Et, tant que les décombres n'auront pas été déblayés, nous ne pouvons pas vraiment construire", a-t-il déclaré lors de cet entretien réalisé lundi.
Assis dans le poste de police de l'aéroport de Port-au-Prince qui fait office de siège provisoire du gouvernement, le président haïtien a évoqué le long processus de reconstruction. Celui-ci conduira à une baisse de la population totale de la capitale, a-t-il notamment indiqué.
René Préval a également expliqué que le gouvernement avait rasé certains bâtiments reconstruits à la va-vite à Port-au-Prince. Mais, tant que des solutions alternatives d'hébergement -telles que des campements de tentes- ne sauront pas mises en place, la capacité du gouvernement à réguler les efforts de construction sera limitée, a-t-il précisé.
En visite lundi au siège de l'UNESCO à Paris, Daniel Elie, directeur de l'Institut haïtien pour la sauvegarde du patrimoine, a mis en garde contre la destruction de monuments historiques pendant les opérations de déblaiement. "Il y a une tentation de tout démolir. Quand les bulldozers arrivent, c'est fatal", a-t-il déclaré.
Des cathédrales et d'autres monuments datant du XVIIe siècle ont été endommagés par le séisme du 12 janvier, certains réduits à leurs seules fondations ou à de simples pans de murs. Dans cet état, leur valeur culturelle n'est pas évidente pour les équipes de démolition envoyées pour raser des quartiers, a expliqué Daniel Elie.
René Préval a par ailleurs été interrogé sur les allégations de corruption locale ayant interféré dans la distribution de l'aide internationale. "Il est possible qu'il y ait pu avoir des irrégularités", a-t-il répondu, avant d'ajouter. "Toutefois, je dois souligner que le gouvernement n'est pas le gestionnaire direct de la majorité de l'aide humanitaire".
Les organisations internationales tentent de faire du gouvernement haïtien son interlocuteur principal dans l'organisation de l'aide. Mais la distribution de coupons alimentaires a quand même été confiée à certaines mairies d'arrondissements de Port-au-Prince, et des irrégularités ont été signalées. AP
http://fr.news.yahoo.com/3/20100216/twl-haiti-seisme-reconstruction-preval-1be00ca.html