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Italie - Où s'arrêtera la mobilisation anti-Berlusconi ?

Deux jours après la manifestation qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes à Rome, les organisateurs du No Berlusconi day se félicitent du succès de leur projet, né voici deux mois sur Internet.

Pour défier le chef du gouvernement, ils se sont appuyés sur la Toile. Et pour afficher leur indépendance, ils ont choisi le violet, « seule couleur laissée libre » par les partis politiques traditionnels en Italie. Avec une écharpe, un pull ou un tee-shirt teinté de mauve, près de 400.000 manifestants ont répondu samedi présents à l’appel lancé voici plusieurs semaines par un groupe de blogueurs sous la bannière d’un « No Berlusconi day » relayé le même jour, mais dans une moindre proportion, à Paris, Londres ou Sydney. Les organisateurs, qui espéraient 350.000 manifestants, ont donc réussi leur pari.

Le message, appuyé par le port pour certains d’un masque à l’effigie du Cavaliere dont le front était barré d’un « No », était clair : la foule présente réclamait, pour des raisons disparates, la démission du président du Conseil. Et si le réalisateur Nanni Moretti a dénoncé l’hégémonie de Silvio Berlusconi sur la télévision transalpine, si les écologistes ont montré leur désaccord avec la construction du pont sur le détroit de Messine et d’autres ont représenté les droits des immigrés, la rue romaine a samedi principalement résonné des protestations concernant les ennuis judiciaires du Cavaliere.

Déjà impliqué dans deux procès, pour corruption de témoins dans l’affaire Mills et pour fraude fiscale dans l’affaire des droits télévisés de sa société Mediaset, Silvio Berlusconi s’est ainsi vu reprocher les accusations, lancées vendredi dernier à Turin par le mafieux repenti Gaspare Spatuzza, de ses liens prétendues avec la mafia.

Des membres du mouvement « peuple des agendas rouge » ont également pris part au défilé, réclamant la vérité sur la mort du juge Paolo Borsellino, assassiné en 1992 à Palerme dans un attentat à la bombe, et dont les agendas secrets n’ont jamais été retrouvés. Si le meurtre avait à l’époque été attribué à la mafia, la presse avait soulevé de possibles complicités politiques en haut lieu.

« Mafioso ! »

Alors que les slogans « La politique se fait avec les mains propres » ou encore « Démissionne et accepte d’être jugé » s’affichaient sur les banderoles du défilé et que les cris de « mafioso ! » accompagnaient le passage des effigies du Cavaliere, Emmanuele de Pascale, l’un des organisateurs de la manifestation, expliquait : « Nous demandons la démission de Berlusconi parce que nous ne nous sentons pas représentés par lui. »

Mais le président du Conseil, face à la manifestation romaine, n’est pas resté muet, répondant à ces rumeurs de la plus spectaculaire des manières. Samedi, alors que la colère violette envahissait la capitale, Silvio Berlusconi a profité de sa présence à l’inauguration d’une portion ferroviaire à grande vitesse entre Turin et Milan pour annoncer l’arrestation des numéros 2 et 3 de Cosa Nostra, la mafia Sicilienne.

« Calomnies »

Les menottes mises à Gianni Nicchi, 28 ans, protégé présumé du chef mafieux Nino Rotolo, et à Gaetano Fidanzati, 74 ans, autre grande figure du crime organisé sicilien, démontre pour Silvio Berlusconi la « détermination » de son gouvernement, « celui qui, selon lui, a le plus fait contre la criminalité organisée ces vingt dernières années ». Et le chef du gouvernement d’ajouter : « C’est la meilleure réponse à toutes les calomnies proférées par des irresponsables qui, en agissant ainsi, ne font que jeter de la boue » sur le pays.

Des propos qui n’empêchent pas aujourd’hui les membres du « No Berlusconi day », sur leur site Internet, de célébrer depuis deux jours la réussite du mouvement de samedi. Et de réfléchir, compte tenu de leur succès, à de prochaines manifestations lancées sur la Toile.


http://www.francesoir.fr/europe/2009/12/07/italie-anti-berlusconi.html

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