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Loïc Sécher et Marc Machin seront jugés pour la troisième fois

Loïc Sécher et Marc Machin seront rejugés. La Cour de révision a annulé mardi les condamnations, respectivement pour viol et meurtre, des deux hommes, les renvoyant devant la cour d'assises de Paris.

Les deux cas sont différents pour les néo-présumés innocents: Loïc Sécher, 49 ans, a été condamné deux fois aux assises à 16 ans de réclusion criminelle pour le viol d'une adolescente qui s'est, depuis, rétractée alors que Marc Machin, condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot, a vu un nouveau suspect confondu par son ADN.

Seulement six révisions de procès criminel ont débouché sur un acquittement depuis 1945, le dernier en date étant Patrick Dils, acquitté définitivement en appel par la cour d'assises des mineurs du Rhône en 2001 pour les meurtres de deux enfants de huit ans en 1986. Jamais une cour d'assises n'a condamné à nouveau définitivement une personne après une révision.

La Cour de cassation, siégant en Cour de révision, a décidé d'annuler la condamnation de Loïc Sécher, 49 ans, et ordonné la suspension de l'exécution de sa condamnation. Incarcéré à Nantes (Loire-Atlantique), il peut donc bénéficier d'une libération immédiate et pourrait donc être libéré dans la journée. Cette libération sera toutefois assortie d'un contrôle judiciaire "assez léger", a précisé Me Eric Dupond-Moretti, son avocat.

Lors de l'audience devant la Cour de révision le 30 mars dernier, le ministère public avait demandé la révision du procès et l'annulation de la condamnation, mais sans renvoi devant une nouvelle cour d'assises. L'avocat général Gilles Lucazeau avait estimé qu'"on n'a pas fait la démonstration de sa culpabilité".

La plaignante, Emilie R., âgée aujourd'hui de 23 ans, avait elle aussi souhaité que la condamnation de Loïc Sécher soit annulée mais qu'il n'y ait pas de nouveau procès.

"On n'a entendu ni l'avocat général, ni l'avocat de la plaignante, ni l'avocat de Loïc Sécher", a constaté Me Dupond-Moretti. Décrivant la réaction de son client à l'annonce de la décision, le conseil a rapporté que Loïc Sécher, qui n'a jamais cessé de clamer son innocence, était "assommé d'une certaine façon par cette décision", "déçu de devoir affronter un nouveau procès", mais "content de recouvrer la liberté".

Autre cas très attendu : Marc Machin, condamné à 18 ans de prison pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot commis à Courbevoie (Hauts-de-Seine) en 2001. La Cour de révision l'a également renvoyé devant une nouvelle cour d'assises et il sera aussi rejugé pour la troisième fois.

"C'est gaspiller l'argent du contribuable, c'est du gaspillage d'argent public", a réagi son père, qui s'appelle également Marc Machin, après cette décision, avouant à la fois ne "pas être trop déçu" et "ne plus avoir trop confiance en la justice".

Son avocat, Me Louis Balling, a noté que "la Cour de révision n'est pas une juridiction de fond" et qu'il allait falloir "une nouvelle enquête", "une nouvelle instruction". Il s'est dit "pas inquiet" sur le nouveau procès et, selon lui,son client est "juste fatigué". "Marc se voit dans un processus long et injuste pour lui", a-t-il ajouté.

En mars 2008, David Sagno, un SDF, s'était rendu au commissariat de La Défense et avait avoué avoir tué Marie-Agnès Bedot ainsi qu'une seconde femme six mois plus tard au même endroit, le pont de Neuilly. Un double homicide confirmé par la découverte de son ADN sur les deux scènes de crime.

Dans une autre affaire, Marc Machin a été mis en examen en juillet 2009 pour deux agressions sexuelles sur des adolescentes à Paris dont il a reconnu les faits en garde à vue. Le parquet de Paris a délivré un réquisitoire supplétif pour "agressions sexuelles sur mineures de 15 ans" au juge d'instruction Paul Huber, déjà saisi de l'enquête sur une agression sexuelle que Marc Machin est accusé d'avoir commis le 5 juin dernier sur une jeune femme dans le XXe arrondissement de Paris. Après ces faits, le jeune homme avait été réincarcéré. Et contrairement à Loïc Sécher, il restera en prison. AP

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20100413.FAP8539/loic-secher-et-marc-machin-seront-juges-pour-la-troisieme-fois.html

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B
<br /> Loïc Sécher accusé d’avoir violé une adolescente de 13 ans en Loire-Atlantique a été condamné à 16 ans de prison. Alors qu’il en a déjà effectué 9, la Cour de révision devrait prochainement annuler<br /> sa peine après que la jeune « victime » a écrit une lettre au parquet de Rennes dans laquelle elle innocentait le condamné.<br /> <br /> Le consensus pour la condamnation paraissait irréfutable. Ce qui est plus étonnant c’est qu’aux yeux de la Cour ce consensus reste valable même lorsque tout s’effondre.<br /> Voici une condamnation qui repose sur une base qui montre aujourd’hui sa fragilité mais nos juridictions ont toujours du mal à admettre qu’elles ont pu se tromper comme le démontrent les<br /> déclarations de l’avocat général et surtout celles de la Cour.<br /> <br /> L’avocat général a formulé la requête de révision « non pas parce (qu’il est) convaincu de l’innocence, mais parcequ’on n’a pas fait la démonstration de sa culpabilité »<br /> <br /> La Cour quant à elle reconnaît que les rétractions de la jeune fille constituaient un « élément nouveau », mais il subsistait néanmoins de nombreux éléments à charges : Les confidences de la jeune<br /> fille à ses professeurs, son journal intime, son changement d’attitude à l’époque des faits ou encore la crédibilité accordée par les experts à ces déclarations.<br /> <br /> Quant à l’argument qui consiste à dire que l’accusé n’a pas démontré qu’il ne l'a pas violée, la réponse est premièrement : qui pourra démontrer qu’il n’a pas violé une femme de son entourage ou<br /> même une femme croisé un jour par hasard? Pas moi, ni vous, ni même l’avocat général ! Deuxièmement il y a là un véritable renversement de la charge de la preuve : il ne s’agit plus de démontrer<br /> que l’accusé est coupable mais c’est à l’accusé de montrer qu’il est innocent.<br /> <br /> <br />
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