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Après un vol de nuit, le chef de l'Etat est arrivé en Afghanistan, toujours dans la pénombre, pour une visite de quelques heures. Il s'est rendu en hélicoptère de la base aérienne de Bagram à la capitale, Kaboul, où il a rencontré le président Hamid Karzaï et son cabinet au palais présidentiel. M. Karzaï n'a été prévenu qu'une heure avant, selon la Maison Blanche.
Lors de ce bref déplacement, Barack Obama a invité Hamid Karzaï à se rendre aux Etats-Unis. La date du 12 mai a été arrêtée pour cette visite du président afghan à Washington, a annoncé la Maison Blanche.
Le président Obama s'est félicité des progrès enregistrés dans la campagne militaire contre les insurgés en Afghanistan, estimant toutefois que les conditions de vie quotidienne devaient s'améliorer pour les Afghans.
"Les progrès vont se poursuivre, mais nous voulons également faire des progrès sur le front civil", a dit le président américain, faisant référence à la lutte contre la corruption.
Les Etats-Unis veulent qu'Hamid Karzaï fasse cesser le favoritisme dont bénéficient certains seigneurs de la guerre au sein du gouvernement et mette en place un système judiciaire efficace et crédible. Ils veulent aussi que Kaboul fasse davantage d'efforts pour combattre la corruption ainsi que la culture du pavot et le trafic de drogue qui financent la rébellion.
"Toutes ces choses permettront d'aboutir à un Afghanistan plus prospère et plus sécurisé, a déclaré le président américain après un entretien d'une demi-heure avec son homologue afghan.
"C'est quelque chose qui doit être fait", a insisté le conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama, Jim Jones. "Les deux présidents doivent être sur la même longueur d'ondes".
Hamid Karzaï a assuré que son pays allait "se projeter dans l'avenir" afin de finalement prendre en charge sa propre sécurité.
La Maison Blanche a insisté pour que le cabinet d'Hamid Karzaï participe à la plupart des réunions avec le président américain, soulignant que le président devait travailler avec ses ministres. Washington entend renforcer le rôle de certains ministres - notamment ceux des Finances, de l'Intérieur et de la Défense - afin de limiter l'influence de certains proches de Karzaï.
En plus de discussions avec des dirigeants afghans, Barack Obama devait rencontrer le général Stanley McChrystal, commandant des forces alliées en Afghanistan, et l'ambassadeur des Etats-Unis en Afghanistan, Karl Eikenberry.
Avant de rentrer à Washington, il s'est aussi exprimé devant quelque 2.500 soldats US sur la base aérienne de Bagram. Il a affirmé que des vies américaines seraient en danger si les talibans reprenaient le contrôle de l'Afghanistan. Il a reconnu que des difficultés attendaient encore les militaires mais a rappelé que les Etats-Unis n'abandonnaient pas et qu'ils finiraient par l'emporter.
"Les Etats-Unis sont un partenaire mais notre intention est de nous assurer que les Afghans ont la capacité d'assumer eux-mêmes leur sécurité, qui est le coeur de notre de mission", a déclaré le président Obama aux soldats de la base aérienne de Bagram.
Vêtu d'un blouson en cuir de l'armée de l'air, le chef de la Maison Blanche a affirmé qu'il n'enverrait jamais les soldats américains combattre à l'étranger si la menace n'était pas avérée. Une prise de pouvoir des talibans en Afghanistan mettrait davantage les Américains en danger, a-t-il commenté.
"Les Afghans ont souffert pendant des décennies", a ajouté le président américain, "mais nous sommes ici pour aider les Afghans à forger une paix durement gagnée".
Il y a deux jours seulement, Oussama ben Laden diffusait un nouveau message audio où il menaçait les Américains. Le chef d'Al-Qaïda se cacherait dans la zone frontalière entre l'Afghanistan et le Pakistan.
C'était le deuxième déplacement de M. Obama dans une zone de guerre depuis sa prise de fonctions en janvier 2009. Il s'était rendu en Irak il y a un an environ, dans le plus grand secret également.
Barack Obama avait déjà effectué une visite en Afghanistan en 2008. Il était alors sénateur, candidat à l'élection présidentielle américaine, et faisait partie d'une délégation officielle du Congrès américain.
En décembre dernier, Barack Obama a ordonné le déploiement de 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan pour lutter contre l'insurrection talibane. Ces renforts, qui devraient tous être arrivés d'ici l'été, porteront les effectifs militaires américains à environ 100.000 hommes, contre 34.000 quand l'actuel président et chef des armées a prêté serment.
Au moins 945 soldats américains sont morts en Afghanistan, au Pakistan et en Ouzbékistan depuis le début de l'intervention américaine en Afghanistan fin 2001, selon un décompte de l'Associated Press. Pour la majorité des Américains, la guerre en Afghanistan est impopulaire, notamment dans les rangs des progressistes du Parti démocrate. AP
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/asiepacifique/20100328.FAP6955/obama_fait_une_visitesurprise_en_afghanistan.html