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Les chiffres sont sans appel : en 2007, 4 190 familles ont été aidées par le Secours Catholique au Pays Basque. En 2008, 4 723 familles, soit une augmentation de 12 %.
Le Secours Catholique a publié les résultats de son étude statistique annuelle sur l’état de la pauvreté et alerte de l’augmentation des femmes pauvres. Germaine Bourdais est déléguée du Secours Catholique Bayonne-Pays Bas- que : “Les femmes et la pauvreté, ce n’est pas une nouveauté.
C’est le public que nous aidons le plus, au-delà des familles monoparentales. Cela représente plus de 50 % des aides que nous apportons. Avec des chiffres en Pays Basque, supérieurs à la moyenne nationale. Dans ces aides apportées aux femmes, plus de 68 % ont entre 25 et 49 ans.
Nous assistons à un phénomène nouveau, les femmes de plus de 50 ans nous sollicitent de plus en plus, ainsi que les classes moyennes.” Car en terme d’emploi, les responsables du Secours Catholique observent une évolution importante du travail précaire et des petits boulots. “Même lorsque les loyers sont modérés, ça ne suffit pas pour s’en sortir” ajoute G.Bourdais.
Le Secours Catholique Pays Basque, c’est un réseau de 474 bénévoles, un nombre important de donateurs, “plus que la moyenne nationale” précise G. Bourdais et une enveloppe de 100 000 euros annuels en aides directes (ainsi que les micro-crédits, voir ci-contre). “Les dons servent à organiser des après-midi ludiques pour les enfants, ainsi que de l’accompagnement scolaire individuel. Nous travaillons avec les familles et le souci de montrer aux enfants que leurs parents sont les premiers éducateurs” explique Germaine Bourdais.
Les boutiques solidaires
Autre innovation du S. Catholique Pays Basque, l’implantation de boutiques solidaires à Mauléon, Garazi, Hasparren et dernièrement à Espelette avec un projet à St-Jean-de-Luz. Est-on donc plus en difficulté à l’intérieur que sur la côte ?
“Non pas forcément !” rétorque G. Bourdais, “mais nous avons fait le choix d’installer ces boutiques car dans des petits villages c’est moins stigmatisant d’aller dans ce genre de boutiques ouvertes à tout le monde et conviviales. Et le fait qu’à Garazi nous ayons beaucoup de monde veut aussi dire que nous sommes visibles. La proximité entraîne les relations et la communication.
C’est vrai que la crise nous amène des populations que nous ne connaissions pas et cela nous cause beaucoup de souci.”
Le micro-crédit une solution proposée pour s'en sortir
Ce fut un grand débat au sein du Secours Catholique.
Fallait-il créer une «Banque des pauvres ?» Trop stigmatisant pour la plupart des membres. On s'orientera donc vers des partenariats avec les banques existantes. Et la formule fait florès, particulièrement en Pays Basque. G. Bourdais explique :
«Nous travaillons avec le Crédit Mutuel, on a été la première région à tester les micro-crédits. Souvent les personnes ont une grosse dépense comme une réparation de voiture à laquelle il faut faire face. Le montant maximum empruntable est de 3 000 euros, remboursable sur 36 mois.
Jusqu'à maintenant nous n'avons eu aucun problème de remboursement avec les crédits que nous avons faits.
Ces micro-crédits comme les boutiques solidaires permettent aux personnes de rester dans le droit commun. Les demandes sont instruites et étudiées par nos équipes.»
http://www.lejpb.com/paperezkoa/20091106/165193/fr/Alerte-du-Secours-Catholique-plus-plus-femmes-pauvres