« Maintenant, ça suffit. » Le message est clair. Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’Association française contre les myopathies (AMF), en a suffisamment entendu, et souhaite mettre un terme à la polémique, lancée il y a maintenant presque une semaine par Pierre Bergé. C’est donc accompagnée de plusieurs professeurs ayant participé à des recherches financées par l’AMF, que cette dernière a répondu hier soir aux attaques du président du Sidaction. « Il doit y avoir beaucoup de souffrance et de douleur chez Pierre Bergé pour ressentir autant de haine », a regretté Laurence Tiennot-Herment, entre les murs du centre de myologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, un « bébé du Téléthon. » « Mais rien ne justifie un tel acharnement », a-t-elle ajouté. Revenant sur les deux « salves » envoyées par Pierre Bergé à quelques jours d’intervalle, cette dernière a réaffirmé que son association ne réalisait pas de placements financiers, et ne possédait pas de « réserves énormes ». « Pierre Bergé additionne des choux et des carottes. Rien n’est crédible dans ses accusations », affirme-t-elle. L’association dispose, selon sa présidente, d’environ 120 millions d’euros, soit la valeur d’une année. « Il serait suicidaire et irresponsable d’avoir moins. Nous sommes la seule association qui doit obtenir son budget annuel sur deux journées », rappelle-t-elle.
« Trente maladies aux portes du médicament »
Laurence Tiennot-Herment a également profité de l’occasion pour revenir sur la précédente polémique qui a secoué le Téléthon en 2006. Plusieurs évêques de l’Eglise catholique avaient alors reproché à l’AMF de financer des recherches sur les embryons. « Nous n’avons pas vocation à nous substituer à la loi. Nos recherches sont autorisées, et ont permis de réaliser de grandes avancées sur les cellules souches embryonnaires », s’est-elle réjouie. L’AMF annonce être « aux portes du médicament » pour 30 maladies. « La solution est donc aux portes du
Téléthon. Et demain, nous développerons d’autres médicaments, si on nous en laisse la possibilité », conclut-elle.