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Le combat acharné de Julien Charnolé pour obtenir la garde de sa fille s’est soldé par un échec. La cour d’appel de Paris a confirmé jeudi l’annulation de sa reconnaissance en paternité. En clair, la justice a estimé qu’il avait appris être le père de Jeanne, aujourd’hui âgée de trois ans et demi. Trop tard. La fillette, placée dans une famille d’accueil à la naissance, va donc, selon toute vraisemblance, être élevée par ses parents adoptifs.
Le 24 août 2006, la vie de Julien bascule une première fois. Sa compagne, qui justifiait sa prise de poids inhabituelle par une maladie intra-utérine, donne naissance à une petite fille. Une surprise n’arrivant jamais seule, elle annonce également à Julien que l’enfant n’est pas de lui. Elle assure avoir été violée huit mois plus tôt, alors que le couple était momentanément séparé. La maman décide alors de ne pas garder cet enfant né d’un viol. Son compagnon respecte ce choix. Quelques mois plus tard, la fillette est placée par un organisme dans une famille d’adoption.
En parallèle, la justice enquête sur le viol. Nouveau rebondissement dans la vie de Julien : il apprend par le juge d’instruction qu’il est le père de Jeanne, alors âgée de seize mois. Il se sépare de la mère de l’enfant. Et depuis ce jours de janvier 2008, il tente par tous les moyens d’obtenir la garde de sa fille. Deux mois plus tard, en mars, il la reconnaît officiellement. Mais l’association de la Famille adoptive française (Faf), qui entre-temps avait placé l’enfant dans une famille, l’assigne en justice et parvient à faire annuler la reconnaissance en paternité. Une décision validée jeudi en appel.
Toutefois, la bataille juridique ne s’arrête pas là. Au-delà de la paternité, reste la question de la garde de l’enfant. Là encore, la justice (en l’occurrence, le Code civil) donne priorité aux familles adoptives afin de protéger les enfants de la versatilité des parents biologiques. C’est donc en toute logique que, le 28 mai dernier, le tribunal de grande instance de Montargis, dans le Loiret, a accordé l’adoption plénière à la famille d’accueil. Julien ne baisse pas les bras. Il fait une nouvelle fois appel. La cour d’appel d’Orléans doit rendre sa décision le 16 mars prochain mais compte tenu des évolutions récentes de l’affaire, les chances pour Julien de récupérer sa fille semblent minimes. « L’adoption est en bonne voie », a déclaré jeudi Me Guillaume Le Maignan, l’avocat de la famille adoptive. « A partir du moment où l’enfant a été placé dans une famille d’accueil, il est trop tard pour la reconnaissance de la paternité », a-t-il ajouté. Selon lui, la cour a estimé que « l’intérêt de cette petite fille est de rester dans sa famille d’adoption ». Le père biologique, qui était absent jeudi au délibéré, n’a pas pu montrer sa déception au grand jour.
http://www.francesoir.fr/faits-divers/2010/02/26/pere-adoption-enfant-viol.html