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C’est l’air hagard et le ton balbutiant que le chef de la police de Cleveland, Michael McGrath, s’est présenté samedi devant la foule de journalistes agglutinée sur le perron du bureau du shérif.
D’une voix hésitante, il a parlé d’une « vision macabre » et insisté sur la « puanteur insupportable » à laquelle ses hommes ont été confrontés, quelques heures plus tôt, alors qu’ils enfonçaient la porte de la demeure d’Anthony Sowell, dans l’est de la ville.
Depuis quelques jours, les enquêteurs avaient acquis la certitude que cet Afro-Américain âgé d’une cinquantaine d’années était impliqué dans une affaire de viol. La faute à son lourd passé. En 1989, Sowell a été condamné à quinze ans de prison pour l’agression sexuelle d’une jeune infirmière.
Chez lui, les membres de l’unité spéciale d’intervention de Cleveland ont « localisé trois cadavres ». « Ils ont aussi probablement découvert les restes de trois autres victimes », précise Michael McGrath, qui explique toutefois « attendre la confirmation du médecin légiste ».
Ce dernier, Frank Miller, a de son côté assuré qu’en l’état actuel de ses investigations « tout porte à croire que les victimes, dont certaines pourraient avoir été dans la maison depuis six mois, sont mortes après avoir été étranglées ».
Hier, alors que les autorités travaillaient à l’identification des corps, la police de Cleveland a commencé à dresser la liste des personnes disparues depuis juin 2005, date à laquelle Anthony Sowell est sorti de prison. Un jour dont se souvient très bien Teresa Hicks, 48 ans, une voisine de Sowell qui dit le connaître depuis l’école primaire. « Il était fou.
Parfois, sans raison, il piquait de violentes colères. Dans le quartier, il était connu pour emprunter constamment de l’argent et se promener armé… »
Interrogée par la chaîne Fox 8 Cleveland, une commerçante du quartier, qui a préféré rester anonyme, a de son côté assuré qu’elle avait été agressée par Sowell il y a « quelques mois ».
« Un soir, alors que je fermais mon magasin, il m’a sauté dessus. Il allait me tuer (…) Aujourd’hui, j’ai des cicatrices et, surtout, je suis en dépression. Je n’ai pas réussi à quitter ma maison pendant des mois. J’avais peur d’aller au travail. Et puis je n’arrivais plus à dormir. »
Une autre femme, la trentaine, affirme quant à elle avoir rencontré Sowell dans un bar de la ville il y a « un an environ ». Aux journalistes locaux, elle a assuré que ce dernier avait voulu lui offrir un verre. « J’ai refusé, cela l’a mis dans une rage folle (…) Il m’a attendue à la sortie de l’établissement et m’a frappée au visage. Ensuite, il m’a conduite de force chez lui. »
Selon les médias locaux, la jeune femme est finalement parvenue à s’échapper de la maison. Si elle n’a jamais porté plainte, c’est, dit-elle, parce qu’elle avait « peur ». Hier, les enquêteurs continuaient de fouiller la maison de Sowell. Depuis son arrestation, il n’a pas prononcé un mot.
http://www.francesoir.fr/faits-divers/2009/11/02/meurtres-cleveland.html