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Le procès en appel de Colonna reprend lundi dans l'incertitude

Les révélations d'un ancien collaborateur du préfet Erignac, laissant entendre que deux de ses meurtriers présumés seraient toujours dans la nature, provoquent une onde de choc et l'incertitude quant à la poursuite à partir de lundi du procès en appel d'Yvan Colonna.

Le procès devant une cour d'assises spécialement constituée de magistrats professionnels doit reprendre lundi à partir de 10H00 avec l'audition des témoins oculaires de l'assassinat de Claude Erignac, le 6 février 1998 à proximité du théâtre Kallisté à Ajaccio.

Mais les déclarations vendredi soir de Didier Vinolas, 48 ans, secrétaire général du préfet de Corse au moment de son assassinat, laissant entendre que deux suspects étaient toujours en liberté, sont un véritable coup de tonnerre qui menace la suite du procès.

Très remontés, les avocats du berger de Cargèse reprochent en effet au président du procès, Didier Wacogne, de leur avoir caché l'existence d'une lettre de M. Vinolas évoquant l'existence de ces deux suspects.

Dénonçant un "scandale d'Etat", les avocats ont également annoncé le dépôt lundi d'une plainte contre X pour "entrave à la manifestation de la vérité", visant implicitement les magistrats et policiers informés depuis 2002 de l'existence de ces deux suspects.

Parmi eux figurent, selon M. Vinolas, Yves Bot, à l'époque procureur de Paris.

Selon plusieurs sources proches du dossier, il devrait en effet être appelé à témoigner par le président Wacogne, tout comme le préfet Christian Lambert, l'ancien patron du Raid, l'unité d'élite de la police à l'origine de l'arrestation d'Yvan Colonna en juillet 2003.

Du côté des parties civiles, qui avaient exprimé leur "stupéfaction" vendredi soir, on pointait dimanche le fait que ces révélations ne changeaient "pas la lecture du dossier" et n'avaient "aucune conséquence sur la culpabilité d'Yvan Colonna", selon les termes de Me Benoît Chabert, interrogé sur RTL.

Les avocats de la famille Erignac devaient se réunir dimanche pour arrêter leur position après ce témoignage.

Depuis l'arrestation en 1999 de six complices présumés (tous condamnés en 2003), Yvan Colonna est soupçonné d'être le septième homme du commando à l'origine de l'assassinat du préfet, abattu en pleine rue de trois balles dans la nuque.

L'accusation s'appuie sur les dénonciations de quatre des six conjurés, qui s'étaient ensuite rétractés en faisant valoir des "pressions" policières.

Yvan Colonna, de son côté, n'a cessé de clamer son innocence. Le berger de 48 ans avait immédiatement fait appel de sa condamnation le 13 décembre 2007 à la réclusion à perpétuité.

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