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FOOTBALL - France - Lituanie

L'équipe de France doit s'emparer de la deuxième place du groupe 7, ce soir (21h00), en battant la Lituanie au Stade de France, quatre jours après l'avoir réussi sur les bosses de Kaunas (1-0). Gâcher cette occasion serait un risque insensé.


La rentrée avait été un peu folle. Mais le printemps est en train de souffler tel un damné sur ce climat de "Tout est possible" auquel il ne manquait que la musique de l'émission de Jean-Marc Morandini pour être totalement crédible. Il est né sur les rives du Danube et de la Mer Noire, de la déroute des Bleus en Autriche (1-3) et de la victoire de la Lituanie en Roumanie (3-0). Promis à la France et à la Roumanie, issus de la poule de la mort à l'Euro, voire à la Serbie, le groupe 7 des qualifications européennes pour la Coupe du monde 2010 était devenu un joyeux foutoir où l'Autriche et même la Lituanie se rêvaient en califes. Ce soir vers 23 heures, il pourrait ne rien rester de cette aimable fantaisie. Avec un peu de chance pour les Bleus, Autriche - Roumanie (20h30), pourrait, en cas de nul, réduire les dernières poussières d'espoir des deux nations. Vu de France, les seules raisons de s'en frotter les mains viendraient d'une nouvelle victoire contre la Lituanie, ce soir (20h45), au Stade de France. Elle aurait la double vertu de confier la deuxième place aux Bleus et de réduire considérablement les chances des Baltes d'aller en Afrique du Sud.

Autant être clair, depuis le succès de la Serbie en Roumanie (3-2) samedi et celui de la France en Lituanie (1-0), la république d'ex-Yougoslavie est favorite pour la première place. Son match à distance avec l'équipe de France est le suspense attendu de cette poule. Un scénario vraisemblable, à coups de victoires "logiques", verrait les Bleus se déplacer à Belgrade le 9 septembre avec deux points de retard sur l'équipe de Radomir Antic, qualification directe en jeu*. Evidemment, la notion de scénario vraisemblable a autant de valeur en football que celle de prise de risque dans un plan de jeu lituanien, et un mercredi 1er avril est un bon jour pour se prendre les pieds dans le tapis. C'est aussi une occasion de faire mieux que le 28 mars, de rester sur la lancée d'une rencontre aussi peu flamboyante qu'elle fut cohérente, de faire mieux à la maison, sur un terrain de printemps, que sur une herbe cousine de la paille.

Penser déjà à la première place

L'équipe de France a aussi l'opportunité de renouer un dialogue moins malsain avec son public. Elle le fera aussi si l'élan collectif aperçu à Kaunas est prolongé par de l'audace sur le plan technique. Il en avait fallu beaucoup, et longtemps, pour l'emporter en fin de match à Nantes il y a dix-huit mois, contre la même équipe (2-0). Le pire réflexe serait, dans la foulée du soulagement de Kaunas (1-0), voire d'une certaine autosatisfaction, d'oublier les trésors d'énergie qu'appellent ces rencontres présumées déséquilibrées, d'oublier surtout que la différence s'est faite sur une frappe magnifique de Ribéry. Sans diminuer la pureté du geste de l'ex-joueur de l'OM, il faut constater que Gourcuff lui a permis de le réaliser en étant lancé, à pleine vitesse, ce facteur-clef d'un bon jeu d'attaques placées que les Français n'ont quasiment jamais obtenu le week-end dernier. L'état de la pelouse en était particulièrement responsable. Elle sera meilleure ce soir. Pour les deux équipes, c'est entendu. Mais a priori surtout pour celle qui aura le jeu de passes le plus abouti.

Le jeu, les passes, le rythme, les progrès techniques, la maîtrise collective, tout cela comptera. Car si « les trois points » demeurent l'horizon aveuglant de ce match à mi-parcours (le cinquième sur dix), les jeunes Bleus ont une montée en puissance à consolider. Pas seulement pour se rincer l'oeil : pour donner du crédit à leur projet sud-africain. Pour être plus précis encore, la deuxième place ne peut être qu'un objectif transitoire. La Serbie - qui n'est pas moins en reconstruction que l'équipe de France - doit recevoir le message que la bagarre ne fait que commencer. Car la place de barragiste promise aux huit meilleurs deuxièmes (sur neuf) offre surtout un confort à peu de frais, celui d'une place de non-éliminé. Pour aller au Mondial, resterait encore à écarter des nations comme la Russie, la Turquie, la Croatie, voire le vieux cauchemar de l'Ecosse sur des matches aller-retour. Ce ne serait pas un cadeau. Sans parler du risque d'être le moins bon deuxième. La France évolue dans un groupe de six équipes. Ses résultats contre les Îles Féroé (a priori...) ne comporteront pas. Ceux contre l'Autriche, la Roumanie et la Lituanie auront, par extension, une valeur particulière. Les Bleus n'ont pas battu les deux premières. Ne pas faire le plein contre le dernier second rôle de la poule ne l'empêcherait pas de prendre la seconde place à terme, mais cela l'exposerait au risque d'être deuxième sans être barragiste. C'est en conquérants, plus qu'en rescapés, qu'il s'agit d'aborder la suite.

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