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Alors que les pêcheurs bloquent depuis mardi les ports de Calais, Dunkerque et Boulogne-sur-Mer, douze représentants des pêcheurs des ports de Calais, Dunkerque et Boulogne-sur-Mer, notamment des syndicats CFDT et CFTC, ainsi que le président du Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CNPMEM), Pierre-Georges Dachicourt, ont participé à la réunion avec le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, qui avait débuté mercredi à 19h au ministère de la Pêche à Paris.
Le ministre a proposé de solliciter le Commissaire européen à la Pêche, Joe Borg, pour une rencontre, si possible dans les 15 jours, avec les représentants des pêcheurs français, à laquelle il s'est engagé à participer. Sera évoquée à cette occasion la question de la perméabilité des zones Manche-Est et mer du Nord.
Les pêcheurs protestent contre les quotas de cabillaud et de sole en Manche et mer du Nord, qu'ils jugent trop faibles. Michel Barnier n'a cependant pas annoncé de modification des quotas à l'issue des négociations. La Commission européenne a pour sa part réaffirmé mercredi qu'il n'était pas question de toucher aux quotas, l'un des piliers de la politique commune de la pêche (PCP).
Ces propositions ne satisfont pas le Groupement des pêcheurs de Calais. "Pour les quotas, nous n'avons rien obtenu tout de suite, a déclaré son président José Huleux sur France Info, tôt jeudi matin. "On nous a promis un échange (de quotas intracommunautaires) très bientôt, ça veut dire que nous devrions rester à quai quelques jours, quelques semaines, en attendant les échanges (de quotas intracommunautaires)".
José Huleux a précisé que le port de Calais serait de nouveau bloqué à 7h ce jeudi et qu'entre artisans-pêcheurs, ils se réuniraient à 13h "pour décider de la suite du mouvement", décider de "rester le long du quai" ou de continuer "à bloquer les ports en attendant les échanges (de quotas intracommunautaires)".
Concernant le cabillaud, Michel Barnier avait appelé mardi les professionnels "à faire preuve de responsabilité, compte tenu de l'état du stock dans la Manche-Est et la mer du Nord". Il a rappelé que le quota de cabillaud en Manche avait augmenté au niveau européen de 20% en mer celtique en juillet 2008 et que les totaux admissibles de capture (TAC) s'étaient accrus de 30% en janvier 2009 en Manche-Est, où la France possède 84,1% des TAC communautaires.
La fermeture provisoire pour le cabillaud a pour but de préserver les droits de pêche des autres organisations de producteurs (OP), droits déjà bien entamés à cette date, explique aussi le communiqué du ministère.
Concernant la sole en mer du Nord, Michel Barnier a insisté sur le recours aux échanges intracommunautaires réalisés chaque année. Les échanges ont permis qu'à la date du 14 avril 2009, l'augmentation du quota français (442 tonnes) soit de 91% par rapport au 1er janvier 2009 (232t), alors qu'il était de 6% l'année dernière à la même date.
S'agissant de l'endettement des entreprises de pêche, Michel Barnier a annoncé qu'un groupe de travail serait très rapidement constitué avec l'établissement public OSEO et des banques, pour que puissent être appliqués à ce secteur (y compris l'avitaillement et le mareyage) les mécanismes des fonds de garantie récemment créés (lignes de crédit et renforcement de la trésorerie). OSEO réservera une enveloppe de garantie permettant d'accorder jusqu'à 50 millions d'euros de prêts. Un interlocuteur national sera chargé de cette enveloppe.
Pour les entreprises, dont les difficultés ne peuvent être surmontées, le ministre est prêt à étudier avec les professionnels l'ouverture d'un deuxième plan de sortie de flotte (PSF), après celui ouvert en janvier dernier. Pour les sociétés surendettées, une mission sera diligentée auprès du préfet de la région, pour examiner au cas par cas la situation et pour dégager des solutions.
Et le communiqué ajoute qu'un groupe de travail sera constitué avant fin avril avec tous les acteurs de la filière pêche et produits aquatiques de la région de Boulogne-sur-Mer: pêcheurs, OP, coopératives, mareyeurs et commerçants. Une étude sur l'impact, sur les stocks de cabillaud et de sole des navires senneurs et des tangons sera engagée par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (IFREMER). Le groupe de travail réfléchira aussi aux modalités de promotion et de valorisation des produits.
Dans un délai d'un mois, une nouvelle réunion aura lieu avec les représentants des professionnels pour faire le point sur la mise en oeuvre de ces mesures.