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Mesure emblématique du plan de relance de Nicolas Sarkozy, la construction du troisième Bâtiment de projection et de commandement (BPC) de la Marine française a démarré aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire.Tout à la fois porte-hélicoptères, navire de transport de troupes et de blindés ou encore hôpital embarqué, le troisième BPC sera le plus gros navire de la Marine française après le porte-avions Charles-de-Gaulle.
D'un coût évalué à 400 millions d'euros, sa construction va nécessiter 2,5 millions d'heures de travail aux ex-Chantiers de l'Atlantique.
"C'est l'un des premiers projets industriels lancés au titre de la relance", a déclaré Patrick Devedjian, ministre chargé de la mise en oeuvre du dossier, en marge de la signature du contrat. "Il va préserver 250 emplois sur 14 mois, et une centaine d'autres pendant cinq mois chez les sous-traitants."
Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a souligné que ce navire n'aurait normalement pas dû être construit avant 2020. Sa militarisation générera pour sa part 200.000 heures de travail à partir du printemps 2011 dans les ateliers de Toulon (Var).
"Un quatrième BPC est, lui, toujours prévu dans la loi de programmation. Il pourrait être mis à l'eau en 2024", a-t-il dit.
LES SYNDICATS MITIGÉS
Pour l'entreprise, il s'agit d'une bonne nouvelle.
"Le troisième BPC tombe à point nommé", a dit Jacques Hardelay, directeur général de STX France.
"Depuis début février, nos ateliers de fabrication de coques métalliques sont à l'arrêt. Nous sommes parvenus à redéployer 750 employés dans d'autres services et filiales, mais cela ne pouvait pas durer éternellement. La construction de ce navire était absolument vitale."
"Cette commande nous donnera un peu de temps pour concrétiser les rares opportunités qui existent dans les secteurs de la croisière, des ferries et potentiellement du off-shore", a ajouté le patron des chantiers navals nazairiens.
L'enthousiasme demeure néanmoins mesuré du côté des syndicats de salariés.
"Un BPC, ça donne du travail aux ateliers mais très peu aux bureaux d'étude, car c'est un navire répétitif", estime Jean-Marc Pérez, délégué syndical Force ouvrière, qui demande que le gouvernement commande un second porte-avions.
De même, les syndicats redoutent que l'impact du BPC ne soit "très faible" chez les sous-traitants des chantiers navals.
"Alors qu'un paquebot est construit à 70% par la sous-traitance et 30% en interne, le ratio s'inverse pratiquement pour un BPC", assure Jean-Marc Pérez.
Les chantiers navals de Saint-Nazaire emploient actuellement 2600 personnes, auxquelles s'ajoutent 450 autres dans les filiales du groupe.