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Une troisième journée d'action des salariés de l'énergie s'est traduite mardi par de nouvelles coupures d'électricité et de gaz, même si les syndicats essayent de lancer des actions "plus populaires", comme le basculement en heures creuses.
Selon le ministre des Relations sociales Brice Hortefeux, des coupures ont toutefois touché plusieurs maisons de retraite dans l'Oise, ce qu'il a jugé "totalement inacceptable", appelant les "victimes" à porter plainte.
D'après les directions, 15% des 46.000 salariés des réseaux de distribution ERDF (filiale d'EDF) et GrDF (filiale de GDF suez) étaient en grève à la mi-journée. Une mobilisation supérieure à celle du 16 avril (13% de grévistes) mais inférieure à celle du 9 avril (28%).
Les taux de grévistes étaient incomparablement plus faibles dans les maisons mères : 1,8% chez GDF Suez et 1,6% à EDF SA.
La mobilisation s'est traduite par des interruptions d'approvisionnement. 2.645 clients ont ainsi été privés d'électricité dans le Val-d'Oise et près d'un millier ont été privés de gaz à Annecy et en Seine-Saint-Denis. Les coupures ont cependant été plus faibles que lors des précédentes journées d'action, selon les directions.
A Toulouse, des manifestants ont mené une opération escargot puis occupé la direction régionale avec une centaine de véhicules.
A la Défense, environ 300 salariés de l'énergie se sont rassemblés devant la tour EDF. Des bousculades se sont produites entre manifestants et CRS, à la sortie d'une réunion entre direction et syndicats, quand des manifestants ont voulu pénétrer dans la tour.
Pour Max Royer (FO Energie), l'objectif des syndicats est de "populariser les actions" par des "basculements en heures creuses et le rétablissement de l'électricité" chez ceux qui "ne peuvent pas payer".
Ces opérations appelées "Robin des bois" sont aussi réalisées tout au long de l'année par des salariés, souvent à l'appel d'associations d'aide aux plus démunis.
Mais ce type d'actions reste illégal, ont souligné les directions.
Quelque 350.000 clients d'EDF en région parisienne sont d'ailleurs passés en tarif heures creuses selon la CGT, qui veut "généraliser d'ici jeudi en France le passage des compteurs en heures creuses".
Le but est "que les perturbations soient appréciées par les clients", précise la CFTC.
Selon Thierry Chevalier (CGT), une dizaine de radars ont aussi été coupés mardi matin en Seine-et-Marne et d'autres actions devraient être menées comme "la tarification gratuite des hôpitaux".
Les salariés de la distribution sont mobilisés depuis plus de trois semaines, réclamant notamment des hausses de salaire de 5%, une prime de 1.500 euros ainsi que l'arrêt de projets d'externalisation d'emplois.
Des mouvements de grève similaires ont déjà eu lieu dans le transport du gaz et de l'électricité, dans le stockage et dans les terminaux méthaniers de GDF Suez.
Mardi, les négociations entre la direction d'EDF SA et les syndicats ont achoppé, comme celles, la veille à ERDF et GrDF. Selon les syndicats, les propositions des directions restent insuffisantes.
De nouvelles négociations sont prévues dans les jours qui viennent. Une autre journée d'action aura lieu jeudi.
Les fédérations de l'énergie ont par ailleurs rédigé un courrier à François Fillon, lui demandant d'intervenir, étant donné que "l'Etat est actionnaire de la plupart des entreprises de la branche", selon Marie-Hélène Gourdin (CFDT).
Pour justifier le faible taux de grévistes mardi, celle-ci a souligné que "depuis trois semaines, les salariés d'ERDF et GrDF sont en grève tournante", et que "la période des congés ne se prête pas à un mouvement de masse".
Mais selon elle, "moins il y aura de grévistes, plus ils seront radicaux".