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Paillettes contre vélo. Jet set contre engouement populaire. Le premier épisode du choc des cultures tant annoncé par le départ du Tour à Monaco a eu lieu jeudi soir avec la présentation des équipes sur le Port Hercule.
Pendant deux heures, les vélos des 189 participants se sont frayé un passage parmi les Lamborghini, Jaguar et autres voitures de luxe pour défiler devant des tribunes garnies de milliers de supporters. Du dossard n°189, Kenny Van Hummel (Skil Shimano), au n°1, Carlos Sastre, tous les participants ont été présentés au prince Albert II et à un parterre de glorieux anciens présidé par Eddy Merckx et Bernard Hinault.
Il y a incontestablement quelque chose d'incongru à voir ces coureurs qui vont partir sur des milliers de kilomètres vers des paysages grandioses débuter l'aventure dans un «pays» avec aussi peu d'espace que Monaco. Pour leur première sortie d'entraînement jeudi matin, les coureurs ont dû zigzaguer au milieu du trafic, coincés sur des routes encombrées entre le port rempli de yachts et les collines de la ville, constellées de constructions à l'architecture kitsch et de grands immeubles en béton. Mais Monte-Carlo, sa faune internationale et son côté clinquant apparaissent finalement comme un écrin assez pertinent pour accueillir Lance Armstrong, un cycliste au palmarès rare et à l'aura qui dépasse le sport.Le Texan d'Astana, qui portera le dossard n°22 pendant trois semaines (le 21 étant attribué à Alberto Contador), a été sifflé par quelques spectateurs lors de la présentation des équipes, certes, mais il a été surtout l'un des coureurs les plus applaudis, au moins au même niveau que son coéquipier Contador, qu'Andy Schleck, Cadel Evans ou que les Français Thomas Voeckler, David Moncoutié et Sylvain Chavanel. La parade sur le circuit de F1 a aussi été l'occasion de visualiser les nouveaux maillots d'AG2R (à dominante marron) et de Cervélo (une tunique où le rouge a disparu au profit d'un plus sobre noir et blanc). Ce détail esthétique aura été l'un des rares moments où le tenant du titre Carlos Sastre s'est retrouvé dans la lumière. «Je suis quelqu'un qui se plaît dans l'ombre», a confirmé l'Espagnol, bien heureux de laisser la pression médiatique aux coureurs d'Astana. - A. T.-C., à Monaco