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À 16 h 17, sur un circuit habituellement dévolu aux bolides de Formule 1, le meilleur des ennemis du public français se lancera samedi à la reconquête de la Grande Boucle. Lance Armstrong est de retour. Il y a encore peu, l'Américain faisait planer le doute sur sa présence sur le Tour 2009. "Je ressens de l'agressivité, de la colère. Ma sécurité personnelle pourrait être compromise", se plaignait-il en novembre dernier. Depuis, le Texan, de retour à la compétition après trois ans de retraite, a fait volte-face. Parce que le septuple vainqueur de l'épreuve ne pouvait en faire autrement, il prendra le départ à Monaco. Les sponsors, le défi sportif et puis, tout simplement, le Tour qui l'a hissé au rang de légende du sport... certes controversée, plus particulièrement sur la terre qui l'a consacré.
Entre admiration et suspicion, les relations entre Lance Armstrong et le public français ont toujours été compliquées. Le septuple vainqueur du Tour n'a jamais vraiment tenté de dissiper cette ambiguïté. Et que dire de ses coups de griffe contre les Français ? Morceau choisi : "Tous les joueurs de l'équipe de France de foot ont été testés positifs... comme étant des trous du cul." Mais l'Armstrong version 2009 s'affiche moins virulent. "Ce Tour de France, je l'aborde différemment, et les gens aussi", affirme l'Américain.
La raison première de son retour à la compétition est la promotion de la lutte contre le cancer - il a vaincu le sien. De quoi humaniser un champion perçu par beaucoup comme un robot, et soupçonné de dopage. Ce généreux come-back signera-t-il la fin d'une histoire "je t'aime moi non plus" débutée en 1999 ? Selon un sondage Ifop pour L'Équipe, 72 % des Français déclarent ne pas se sentir dérangés par sa présence sur le Tour. Pour autant, l'engouement ne devrait pas être de la partie. Dimanche 28 juin, sa présence chez Michel Drucker à Vivement dimanche prochain enregistrait le plus mauvais score de la saison pour l'émission. En attendant de vérifier si les Français peindront davantage les routes de son nom aujourd'hui qu'hier, le Texan, toujours aussi compétiteur et méticuleux, vise à 37 ans une huitième victoire. Un retour vers le passé qui attiserait le scepticisme lancinant des Français...