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Le constructeur, un des principaux clients de New Fabris avec PSA, s'est bien engagé à "racheter les stocks de pièces qui lui étaient destinées" pour payer une partie des indemnités des salariés, mais "c'est une proposition insuffisante", a indiqué Guy Eyermann (CGT).
Renault, tout comme PSA, avait indiqué avant cette rencontre que ce n'était pas au client de payer les indemnités conventionnelles des employés d'un fournisseur. La firme au losange a toutefois indiqué à l'issue de la réunion avec les délégués qu'elle s'engageait à racheter la part des stocks de pièces en acier et en aluminium qui lui étaient destinés, "sous condition de leur qualité et quantité et sous réserve que le montant de ce rachat soit consacré aux indemnités des salariés".
"Renault reste sur les mêmes positions prises par Peugeot SA, à savoir le rachat du stock, évalué à 1,2 million d'euros, ce qui se résume à 6.600 euros par salarié (3.300 pour PSA, 3.300 pour Renault). Ca fait quatre mois de salaire, c'est plus de quatre fois moins que ce que l'on souhaite", a-t-il déploré en rappelant le chiffre de 30.000 euros.
Eric Poisson, délégué CFDT, a maintenu les menaces de faire sauter l'entreprise. "L'ultimatum reste fixé au 31 juillet. Nous espérons fixer de nouvelles réunions de travail avec le préfet de région. Nous voulons maintenant faire pression sur le gouvernement", a-t-il dit. Les délégués syndicaux devraient être reçus au ministère de l'Industrie lundi.
Pour Béatrice Tondusson, vice-présidente socialiste du conseil régional, venue soutenir les salariés, la situation de l'emploi dans le bassin de Châtellerault est "catastrophique". "Rien que chez les jeunes de 17 à 25 ans, le chômage y a augmenté de 103% en un an", selon elle. New Fabris, qui emploie 366 personnes, est en liquidation judiciaire depuis le 16 juin.
Les quelque 180 salariés venus de la Vienne par autocar ont manifesté durant plusieurs heures devant le siège de Renault. Ils se sont ensuite déplacés dans Boulogne-Billancourt, bloquant un court instant la circulation sur le pont de Sèvres. En début d'après-midi, les CRS ont délogé ceux qui s'étaient assis sur le bitume. Ils ont repris la direction de Châtellerault peu après 17h, où une trentaine d'employés étaient restés. AP