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"On est très déçu", a déclaré Guy Eyermann de la CGT, syndicat majoritaire à New Fabris, au sortir d'une réunion au ministère de l'Economie, à Paris. "Les 11.000 euros, on ne peut pas s'en satisfaire", a jugé Dominique Duval, délégué FO, tout en reconnaissant "certaines avancées".
Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a réuni mercredi après-midi à Bercy des délégués syndicaux et des élus locaux - mais aucun représentant de Renault et PSA, les deux plus gros clients de New Fabris. L'équipementier automobile, qui emploie 366 personnes, a été placé en liquidation judiciaire le 16 juin dernier. Les salariés ont un temps menacé de faire sauter leur usine s'ils n'obtenaient pas 30.000 euros d'indemnités par employé de la part de Renault et PSA. Ils affirment que les deux constructeurs ont versé une telle indemnité aux salariés d'un autre sous-traitant, Rencast.
Christian Estrosi a annoncé mercredi que PSA et Renault s'étaient "engagés" à racheter le stock de New Fabris pour 2,4 millions d'euros et une partie de son outillage pour 1,3 million d'euros. Ces 3,7 millions d'euros seront entièrement dévolus à "l'aide personnelle à la recherche d'emploi", a indiqué le ministre de l'Industrie, refusant d'utiliser les termes de "prime extra-légale" et d'"indemnité". Cette aide représentera "à peu près 11.000 euros par salarié", a précisé M. Estrosi.
"On est encore très loin des 30.000", a observé Stéphane Congourdeau, délégué CFDT. Or "aujourd'hui, les 30.000, c'est une nécessité", a-t-il insisté. "Demain, même si on retrouve un emploi, on aura 300, 400, 500 euros de moins sur notre salaire, les crédits immobiliers pourront pas être payés. Dans un an, à Châtellerault, il y aura des maisons à vendre partout".
Le conseil régional de Poitou-Charentes souhaite que Renault et PSA versent 30.000 euros par salarié. "C'est eux qui sont responsables de la disparition de Fabris", a souligné l'élu socialiste Jean-François Macaire. "Ils ont acheté ailleurs" alors qu'ils représentaient environ 70% du carnet de commandes. "C'est Renault et Peugeot, par leur politique d'achat, qui ont condamné l'entreprise", a-t-il expliqué en préconisant de "faire pression" sur les deux constructeurs "pour qu'ils assument leurs responsabilités".
Christian Estrosi a rappelé que 236 salariés -sur 366- ont déjà signé un contrat de transition professionnelle qui "garantit à chacun pendant 12 mois 95% de son salaire en même temps que la prime légale de 17.500 euros". Mais d'après Guy Eyermann, de la CGT, ces 17.500 euros, "c'est une moyenne" et "y'en a qui vont partir avec 3.000 euros".
Le ministre a aussi proposé que 18 salariés de plus de 56 ans puissent, par dérogation, bénéficier d'une "allocation spéciale" du Fonds national de l'emploi (FNE) - autrement dit, partir en pré-retraite.
Par ailleurs, l'Etat va injecter 1,5 million d'euros pour "réimplanter des entreprises" dans la région de Châtellerault, a promis M. Estrosi. L'objectif est de "créer 400 emplois", qui sont proposés en priorité aux anciens de New Fabris.
Les salariés menaçaient depuis le 2 juillet de faire sauter leur usine mais ils ont rangé les bonbonnes de gaz lundi, ouvrant ainsi la voie à la rencontre qui s'est tenue mercredi à Bercy.
Ils doivent se prononcer jeudi à la mi-journée lors d'une assemblée générale sur les propositions du gouvernement et la suite éventuelle à donner à leur mouvement. Une réunion est également prévue à 16h à la sous-préfecture de Châtellerault. AP