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LYON (Reuters) - Après avoir terminé la saison passée au bord du gouffre de la Ligue 2, Saint-Etienne débute la nouvelle dans un climat tout aussi sombre.
Avec trois défaites en autant de matches, dont la dernière samedi face au promu Boulogne (0-1), les Verts réalisent leur plus mauvais démarrage depuis 1933.
Même la saison passée, vécue la plupart du temps dans le rouge, l'ASSE avait au moins gagné son deuxième match du mois d'août.
De quoi faire perdre patience au "peuple vert" qui a déployé des banderoles ironiques ("faites nous rêver, prenez un point") avant d'envahir la pelouse au coup de sifflet final sur fond de "direction, démission".
"Je ne les juge pas mais je ne les comprends pas pour autant", a commenté l'entraîneur Alain Perrin. "En Angleterre, les joueurs seraient sortis sous les applaudissements du public parce qu'ils avaient fourni du spectacle."
Rapidement stoppé, ce débordement révèle toutefois l'électricité qui accompagne la saison à peine naissante du club le plus mythique du foot français.
"Malheureusement, le public reste sur la déception d'une défaite alors que le contenu a été bon", positive l'entraîneur stéphanois. "Nous ne sommes pas en crise. Nous sommes en manque de résultats, point!"
En manque de chance aussi sur cet affrontement face à un promu, venu faire un coup à Geoffroy-Guichard pour le premier match de son histoire dans le Chaudron.
"Les statistiques sont éloquentes: 25 tirs pour huit cadrés dont un poteau pour nous, deux tirs et un but pour Boulogne", note Alain Perrin. "Il n'est pas normal que sur ces nombreuses occasions, nous n'arrivions pas à marquer au moins un but et qu'on ne marque pas les premiers. Sur un coup, on subit le KO parfait.
"Tout est positif par rapport à la façon d'approcher les matches", ajoute le technicien. "Si nous jouons tous les matches comme ça, ça m'étonnerait que nous perdions chaque fois 1-0. L'état d'esprit est bon."
PLEIN DE BLESSÉS
A ce constat se joint un autre, déjà noté l'an passé: l'infirmerie, remplie à ras bord avec quatre joueurs blessés lors de la préparation (Ilan, Sylvain Monsoreau, Mahamadou Dabo et Yoann Benaoulane) et trois depuis (Loïc Perrin, Yohan Hautcoeur et Kevin Mirallas).
Aux mêmes maux, la même saison? "Absolument pas", coupe Alain Perrin. "Nous jouons avec six titulaires en moins. C'est pénalisant pour les changements de joueurs. Quand je termine le match avec des novices comme Sako, Rivière et Faye, c'est compliqué pour eux de trouver des solutions dans des conditions difficiles."
Mais le bilan comptable reste cruel: trois matches, trois défaites, aucun point. Le doute est-il déjà présent dans le groupe?
"Le doute, c'est un peu trop de dire cela", corrige Boubacar Sanogo, la recrue de la semaine. "Mais quand tu ne gagnes pas en dominant comme nous l'avons fait, tu te poses beaucoup de questions. Mais nous ne doutons pas vraiment."
L'Ivoirien, débarqué dans le Forez en milieu de semaine en provenance de Brême (contrat de trois ans et 5 millions d'euros de transfert) se voulait optimiste lors de sa présentation officielle, jeudi, évoquant la cinquième place comme objectif possible.
Quelques heures plus tard, il ajustait son avis: "La réalité du jour est que nous sommes tout au fond et que nous devons travailler pour remonter", a constaté le "remplaçant" de Bafé Gomis.
Le courroux des supporters vient surtout d'une gestion délicate de ce mercato, où les co-présidents, Bernard Caiazzo et Roland Romeyer, ont laissé partir leur attaquant international vers Lyon contre 13 millions d'euros sans prévoir immédiatement son remplacement.
"Ce n'est jamais simple dans les transferts", a plaidé Vincent Tong-Cuong, directeur général du club. "Boubacar Sanogo était une priorité depuis juin. Mais il a fallu discuter et se montrer patient."
Les dirigeants vont s'employer pour recruter encore deux joueurs d'ici la fin du mercato estival. Ce week-end devrait permettre la finalisation de l'arrivée du buteur brésilien de l'Atletico Mineiro Diego Tardelli contre six millions d'euros.
Alain Perrin a aussi annoncé l'arrivée, sans citer de nom, d'un milieu offensif côté droit tout en démentant la piste Jérôme Rothen.
Il faut faire vite. Ils étaient encore 25.000 fidèles, samedi à Geoffroy-Guichard. Mais ils perdent patience.
Edité par Patrick Vignal