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Il aura finalement, mais sans réelle surprise, remporté l’élection présidentielle gabonaise qui a eu lieu dimanche dernier. Selon ces résultats, il devance André Mba Obame (25,88 % des voix), ex-ministre de l’Intérieur, et Pierre Mamboundou (25,22 %), candidat indépendant, selon le ministre de l’Intérieur, Jean-François Ndongou.
Le fils Bongo succède donc à son père mort début juin après 41 ans de pouvoir. Dès l’annonce des résultats, « l’héritier de la couronne » a promis d’être « le président de tous les Gabonais […] ». Depuis son quartier général de campagne, à Libreville, il s’est en effet engagé à respecter ses promesses de campagne, disant vouloir « apporter des changements nécessaires », mais « dans la continuité » à ce pays d’environ 1,5 million d’habitants très riche en pétrole. Problème, beaucoup de Gabonais estiment que les richesses locales ne profitent qu’à l’élite. Le nouveau président du Gabon souhaite favoriser « un développement accru et progressif du pays », « assainir les finances publiques », « instaurer un climat de justice »…
Côté opposition, les dents grincent depuis l’annonce des résultats. Un conseiller d’André Mba Obame, arrivé en seconde position du scrutin, a affirmé qu’il ne reconnaissait pas le résultat. Craignant des représailles, il a précisé que son leader était « en sécurité dans un lieu tenu secret ». L’autre rival de « Bongo Junior », Pierre Mamboundou, est également « en lieu sûr », selon son entourage.
Pendant qu’Ali Ben Bongo se félicitait de sa victoire, des incidents se sont produits dans au moins deux quartiers populaires de Libreville. Des carcasses de voitures étaient visibles sur la voie expresse ceinturant la capitale. Des jeunes gens tenaient des discours hostiles au nouveau président et à la France. Ils ont accusé Paris d’avoir « imposé » aux Gabonais le fils du président défunt. A Port-Gentil, deuxième ville du pays, des partisans de Pierre Mamboundou ont attaqué la prison. Ils ont réussi à libérer les prisonniers avant de se diriger vers le centre-ville où des barricades ont été dressées. Ils ont par ailleurs attaqué le consulat général de France et l’ont incendié.
Face à cette recrudescence de violence, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a assuré qu’un « dispositif » était « prêt pour protéger les Français au Gabon » en cas de nécessité. La communauté française vivant au Gabon est estimée à quelque 10.000 personnes. Paris dispose d’une base militaire sur place avec environ un millier d’hommes. Des soldats qui protégeront assurément les intérêts et les ressortissants français si il y avait absolue nécessité.
France Soir