Tout au long de la semaine, un air de mobilisation générale a flotté sur Clairefontaine. Hier, Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des Sports, a déjeuné avec les Bleus pour leur apporter son soutien. Conscients d’un désamour persistant du public depuis la débâcle de l’Euro 2008, les vice-champions du monde ont pratiqué en amont la politique de la main tendue.
Ils ont réclamé « patience et soutien » et insisté sur l’impératif de la qualification au Mondial 2010, peu importe la manière. On saura ce soir, vers 21 heures, comment cet appel au peuple a été perçu. Le meilleur antidote contre cette forme de défiance consiste à enchaîner les victoires. Raymond Domenech le sait pertinemment, lui qui cristallise une forme de rejet autour de sa personnalité. Tant que la France gagne, cette rancoeur n’est pas, dans l’absolu, si problématique. Mais lorsqu’elle perd ou est tenue en échec et que le spectacle proposé confine au néant, alors forcément ça grogne .
Voilà planté le décor singulier de ce France - Roumanie. L’opposition ne délivre ni médaille ni décoration. Mais elle vaut trois points nécessaires à entretenir le grand rêve de la première Coupe du monde de l’histoire sur le sol africain.
A l’heure de poser les pieds au Stade de France, où elle court après un match référence depuis la réception de l’Italie voici trois ans (3-1), la France est toujours en vie. Et, à écouter ses acteurs, un peu plus confiante, semble-t-il, qu’il y a quelques semaines. Sa victoire étriquée aux Féroé (1-0), le 12 août, lui permet surtout de demeurer dans les temps, malgré les imperfections constatées dans la maîtrise collective, le jeu lui-même et le réalisme.
Eviter les barrages Les Bleus ont quatre matchs à gagner en trente-neuf jours pour effacer quinze mois d’errance et se soustraire au rattrapage des barrages. Il est donc revenu le frisson des sommets qualificatifs de l’automne, de ceux qui firent les légendes d’avant 1998. A Saint-Denis, la France de Franck Ribéry et de Thierry Henry, ses grands talents labellisés Ligue des champions, avance sur le fil du rasoir. Elle devra montrer tout ce qui lui a fait défaut ces temps-ci : la soif de conquête, plus d’efficacité offensive, le refus de la médiocrité et de la défaite. Si tout cela arrive, succès compris, on pourra parler du brûlant Serbie - France, mercredi, comme de la finale du groupe.
Le Parisien