Le ciel s’assombrit au-dessus des salariés d’Air France. La première compagnie européenne y compris KLM a annoncé hier, lors d’un comité central d’entreprise (CCE), un plan de 1 500 départs volontaires applicable dès le 1 e r janvier. Comme toutes les grandes compagnies aériennes, Air France a vu son trafic chuter depuis le début de l’année : de 5 % pour les passagers et de 15 % pour l’activité cargo.
Conséquence, le groupe a enregistré une perte de 426 millions d’euros au premier trimestre de l’exercice 2009-2010. Si le transport de marchandises est frappé de plein fouet par la crise, l’activité touristique se heurte à la concurrence du TGV et des compagnies low-cost.
Ce plan n’est pas une surprise, la compagnie avait déjà affiché son intention de supprimer d’ici à 2011 environ 4 500 postes. Pierre-Henri Gourgeon, directeur général d’Air France, l’avait évoqué le 31 juillet, en affirmant que la réduction d’effectif s’appuierait « essentiellement sur le départ volontaire et sur des mesures de mobilité ». D’ailleurs, Air France s’est engagé à « ne procéder à aucun départ collectif contraint pour motif économique ». Premier syndicat chez Air France, la CGT s’est dite « soulagée » que les départs contraints soient écartés, mais « inquiète » devant l’objectif élevé de départs volontaires. Les organisations se félicitent que le chômage partiel, « présenté comme l’ultime recours avant des licenciements » d’après FO, soit écarté. « Il pourrait revenir à l’ordre du jour si les départs ne sont pas suffisants », prévient un délégué.
10 % des salariés au sol concernés
Ce plan ne concerne ni les 4 375 pilotes ni les mécaniciens. Chez les stewards et les hôtesses, au nombre de 15 000, 500 personnes seraient en sureffectif. Au sol, 10 % des 43 000 salariés ne seraient plus nécessaires à l’activité.
Une première réunion est prévue le 18 septembre pour discuter des modalités financières de ce plan. Le projet finalisé doit être adopté lors du comité central d’entreprise du 21 octobre.
La compagnie aérienne souhaite aussi revoir son offre de moyen-courrier (les vols de moins de cinq heures). Plusieurs pistes sont étudiées selon les syndicats, comme la suppression de la classe affaires ou des économies dans les prestations proposées comme chez les low-cost.
Le Parisien