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Forfait hospitalier: le gouvernement tente de calmer le jeu

Le gouvernement tentait lundi d'apaiser la polémique sur une éventuelle augmentation du forfait hospitalier et un nouveau déremboursement de certains médicaments pour faire face au déficit de l'assurance-maladie, sans démentir que de telles pistes soient à l'étude. L'hypothèse provoque déjà une levée de boucliers à gauche et parmi les syndicats.

Revenant sur le cafouillage gouvernemental du week-end, le ministre du Budget Eric Woerth a confirmé lundi "étudier" la piste de l'augmentation du forfait hospitalier, affirmant qu'on "peut aller un peu plus loin" que les 16 euros actuels, tout en refusant de donner des chiffres précis. "Le forfait hospitalier (...) n'a pas augmenté depuis deux ou trois ans, et représente 35 euros en moyenne dans les hôpitaux", a-t-il expliqué sur Europe-1.

"Quand on augmente d'un euro le forfait hospitalier, on fait rentrer dans les caisses de la Sécurité sociale (...) 80 millions", a-t-il justifié.

Quant aux déremboursements, "c'est aussi une des pistes". Le ministre parle notamment de ne plus rembourser qu'à hauteur de 15% -contre 35% actuellement- certains médicaments dont le "service médical n'est pas suffisamment rendu".

Le Journal du Dimanche daté du 6 septembre affirme que le forfait hospitalier -le montant restant à charge pour les patients- pourrait passer de 16 euros à 20 euros, soit une augmentation de 25%. Le ministre du Travail Xavier Darcos a d'abord défendu la mesure, avant de confier qu'il ne s'agissait que d'une "piste de travail", dans un communiqué ultérieur dimanche.

Le JDD "a repris un certain nombre des préconisations de l'assurance maladie qui étaient sans doute passées inaperçues dans la torpeur de l'été parce qu'elles dataient du mois de juillet", a expliqué dimanche Roselyne Bachelot sur France-5.

"Nous sommes en train de préparer le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Les arbitrages seront rendus à la fin du mois de septembre (...) aucune décision n'est encore prise", a-t-elle tempéré.

Mais la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAMTS), dans ses propositions remises le 9 juillet dernier et dont l'Associated Press a obtenu une copie, ne préconise aucune mesure de hausse du forfait hospitalier.

Reste que les "pistes" de travail du gouvernement provoquent une salve de critiques à gauche et parmi les syndicats.

"Cela remet en cause évidemment les conditions d'accès aux soins", a ainsi déploré Jean-Marie Le Guen, responsable des questions de santé au PS, sur France Inter. "Ce gouvernement a une vision tronquée de la justice fiscale, moins d'impôts pour les plus riches parce qu'il ne faut pas les décourager, mais par contre on fait peser très très lourdement des taxes, de véritables impôts sur la maladie sur les plus pauvres", a-t-il jugé.

"Les comptes de l'assurance maladie sont mis à mal par la crise et non par les malades. Les dépenses n'ont pas dérapé au regard d'objectifs pourtant déjà très restrictifs. Pourquoi s'en prendre aux plus faibles quand on voit bien que les responsables de la crise -traders, banquiers et spéculateurs- après avoir reçu des aides massives, recommencent leurs pratiques antérieures?", estime de son côté FO dans un communiqué diffusé lundi.

Une hausse de 25% du forfait hospitalier "reviendrait à facturer 600 euros pour un malade hospitalisé un mois, ce qui augmente de façon exorbitante le reste à charge des malades", dénonce pour sa part l'UNSA, qui demande "le plafonnement du forfait journalier comme cela existe pour d'autres franchises".

"Le gouvernement feint de croire que les malades seront remboursés par leur complémentaire alors que 7% des français n'ont pas les moyens de s'en payer une, et que toutes ne remboursent pas le forfait", estime pour sa part la Fédération syndicale unitaire (FSU).

"Face au déficit de l'assurance maladie, les principales pistes du gouvernement -transmises par voie de presse- portent principalement et une fois de plus sur les malades", dénonce quant à elle la FNATH (association des accidentés de la vie). "Ces orientations risquent d'aggraver encore les difficultés d'accès aux soins sans apporter une réponse adaptée, solidaire et pérenne à la dérive de l'assurance maladie", ajoute-t-elle, parlant de mesures "inacceptables et choquantes". AP

nouvelobs.com 

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