Un incendie s'est produit hier mercredi, vers 14 heures, à l'usine Total Petrochemicals de
Gonfreville-L'Orcher, près du
Havre. L'incident n'a pas fait de blessé. Une montée en pression sur une canalisation de l'unité polyéthylène basse densité, dont la raison resterait à déterminer, aurait provoqué la casse d'un disque de rupture. La casse (« dont le bruit a pu faire croire, à proximité, à une explosion », dixit les pompiers), a libéré du polyéthylène à l'état gazeux dans l'atmosphère. Sous l'effet d'une source de chaleur, ce gaz s'est enflammé. Les flammes seraient montées à une dizaine de mètres au-dessus du réacteur, qui est entouré d'un blockhaus à ciel ouvert. Ainsi le feu aurait-il jailli à environ une vingtaine de mètres du sol. Le blockhaus est « surveillé de l'extérieur », précise un salarié.
« Nos équipes d'intervention se sont immédiatement rendues sur place afin de circonscrire l'incendie. Un périmètre de sécurité a été mis en place pour le personnel et l'unité a été mise en sécurité », a indiqué Total dans un communiqué. Déclenché rapidement, le plan d'opération interne a été levé avant 15 heures, une fois les flammes éteintes. Tout risque d'extension de l'incendie était alors « écarté ». Aussi, seuls deux membres du commandement des sapeurs-pompiers de Seine-Maritime se sont rendus sur place, sans avoir à solliciter leurs hommes.
La CGT : « Ce n'est pas une malchance » Mais hier soir, par la voix de l'un de ses représentants, Denis Nouvel, la CGT de Total Petrochemicals a demandé la convocation d'un Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire, qui « pourrait avoir lieu mercredi prochain ». « Ce qui s'est passé n'est pas une fatalité ni une malchance. C'est la conséquence de la politique de Total, qui réduit ses effectifs et ses moyens de maintenance », a souligné M. Nouvel.
Face à la multiplication des incidents dans ses usines, Total a entamé ce mercredi l'inspection de ses sites classés Seveso 2, commençant par celui de Donges (Loire-Atlantique). Selon la CGT, la fréquence de ces incidents est également dû à la réduction des effectifs. « Les tâches sont redéfinies et élargies, il y a une dilution du professionnalisme et beaucoup de débutants sur des postes de travail », a dit Daniel Bachelet, autre représentant CGT sur le site.
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