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Que les hauts salaires lèvent le doigt
Ainsi, Lisandro Lopez et ses 425 000 euros mensuels constituent un nouveau record en France, la palme étant détenue jusqu'ici par Karim Benzema la saison dernière avec 400 000 euros. Derrière l'attaquant argentin, il existe néanmoins un certain fossé avec les 310 000 euros de Yoann Gourcuff et les 300 000 de Lucho Gonzalez. Mais ces chiffres tendent à démontrer que les Lyon, Bordeaux et Marseille peuvent réduire sensiblement l'écart qui les séparait de leurs voisins européens, lorsqu'ils s'en donnent la peine. Une évolution due encore et toujours à cette fameuse crise financière qui affecte davantage les clubs anglais, pour ne citer qu'eux, que les français, moins dépendants du portefeuille de généreux mécènes. La bonne santé des pensionnaires de la Ligue 1, largement entretenue par l'action de la DNCG, explique aussi ce facteur. Sans compter que la hausse du taux d'imposition en Angleterre a rendu moins attractif l'eldorado d'outre-Manche. Sauf que là aussi, cette hausse des plus hauts salaires dans l'Hexagone a un effet domino sur les autres. A savoir que le salaire moyen net mensuel pour un joueur de Ligue 1 chute cette saison de 5%, pour passer à 34 880 euros (contre 36 730 euros auparavant).
Moins de fixe, plus de primes
Une baisse sensible qui, vu les chiffres, ne fera sans doute pas pleurer dans les chaumières, mais qui devrait se poursuivre dans les années à venir. La raison ? La perspective de devoir renégocier les droits TV en 2012, sans la moindre assurance de continuer à percevoir 668 millions par saison. Or, par un curieux paradoxe, ces droits TV sont à la fois la force et la faiblesse des clubs de Ligue 1. Force car, comme expliqué plus haut, en période de crise, leur intangibilité pour une période donnée offre une stabilité certaine. Mais faiblesse aussi, car les budgets des clubs français dépendent à 57% de ce fameux montant. Et en cas de baisse significative, c'est tout le modèle économique français qui pourrait s'effondrer comme un vulgaire château de cartes… Certes, nous n'en sommes pas encore là, mais les clubs, eux, préfèrent prévenir que guérir en diminuant la part du fixe dans les salaires de leurs joueurs, quitte ensuite à se rattraper sur les primes. D'ici deux ou trois ans, les joueurs de Ligue 1 pourraient donc gagner autant qu'aujourd'hui et ne pas ressentir du tout les effets de la crise. A une condition cependant : remplir leurs objectifs sportifs. Qui a dit qu'on commençait enfin à arriver à une situation plus normale ?
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