Après le suicide d'un salarié de Haute-Savoie qui s'est jeté d'un pont lundi, en dénonçant dans une lettre le climat au sein de l'entreprise, la promesse du P-dg de mettre fin à la mobilité systématique des cadres n'a pas convaincu les élus de l'opposition, pas plus que les syndicats, dont certains ont aussi demandé la démission de Didier Lombard et de son numéro deux Louis-Pierre Wenes. Les deux hommes symbolisent en effet la transformation à marche forcée de France Télécom ces dernières années. Dès sa nomination en février2005, Didier Lombard a lancé le vaste chantier du plan «Next», pour moderniser l'opérateur, avec 22.000 suppressions d'emplois en trois ans. Louis-Pierre Wenes a, quant à lui, supervisé la mise en place de «Next» avant d'être chargé en 2006 des opérations en France et de la transformation du groupe. Ces dernières semaines, leurs déclarations ont été jugées maladroites, Lombard évoquant une «mode du suicide», avant de s'en excuser le lendemain. De son côté, Wenes a raconté au Nouvel Observateur qu' «une petite partie des employés n'arrivent pas à changer de culture: passer du 22 à Asnières à la Livebox internet», une formule vivement décriée par les syndicats. Et depuis hier, les appels à la démission de Lombard se multiplient. «La seule issue possible, en tout cas immédiatement, à cette affaire», a déclaré le socialiste Benoît Hamon. A droite, si les UMP Jean-François Copé et Jean-Pierre Raffarin se gardaient de «toute opération de lynchage», le premier avouait trouver «très troublantes» ces règles de la mobilité et le deuxième appelait à «un changement de stratégie sociale».
Le successeur de Lombard déjà connu Pourtant, le nom du successeur de Lombard est déjà connu... depuis quatre mois. Stéphane Richard, alors directeur de cabinet de la ministre de l'Economie Christine Lagarde, a été désigné en mai comme prochain P-dg de l'opérateur. Il est arrivé le 1erseptembre dans le groupe, prélude à sa nomination, le 1erjanvier 2010, comme directeur général délégué en charge de l'international. Quant à l'avenir de Louis-Pierre Wenes, pour l'intéressé, il ne fait aucun doute. Il reste. Dans le cas contraire: «Je considérerais alors que je suis victime d'une monstrueuse manipulation».
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/france-telecom-le-p-dg-sur-la-sellette-30-09-2009-574014.php